III – Un voyageur illustre en 1825

Mis à jour 2017, le 18 août.

 

 

III

 

Pierre (-Chrysostome) Paranteau*

fils de Chrysostome, de Sorel

*Parenteau ou Paranteau, tout dépendant sur quelle syllabe les langues française et anglaise mettent l’accent.

 

 

 

John Franklin, capitaine. Public Library, New York. Photo IMAGESGETTY

John Franklin, capitaine. Public Library, New York.  Détail d’une photo du tableau. IMAGESGETTY. Cliquer sur l’image.

 

 

 

Né en 1787 et illustre «voyageur» du capitaine John Franklin

 

Ce Pierre (parfois Peter et Pierre-Chrysostome) Paranteau de Sorel, né à la cinquième génération Parenteau et appartenant à la 2e branche, est l’un des plus illustres Parenteau après l’ancêtre venu de France vers 1666 à cause de son périple en canot jusqu’au lac à l’Ours dans les Territoires du Nord-Ouest en 1825. Il appartenait à une famille de plusieurs «voyageurs» issus des deux mariages de son grand-père Pierre Parenteau marié en premières noces avec Madeleine Rondeau et en deuxièmes noces avec Marie Georgeteau dite Jolicoeur.

Il est né à Yamaska (probablement à Saint-Robert faisant alors partie de la paroisse St-Michel d’Yamaska) le 22 novembre 1787 et était le fils du réputé «voyageur» Chrysostome Paranteau, décédé à Sorel en 1810, et de Josephte Aucoin, de Sorel. Si l’on précisait dans les contrats d’engagement que lui et son frère étaient les fils de Chrysostome, c’est que leur père Chrysostome était une référence et un «voyageur» recherché, expérimenté, possédant même son propre canot. Son frère «voyageur», Jean, s’est établi au Manitoba et s’est marié avec la métisse Marguerite Lasansente (Lasanté ou Lapensée). Furent aussi «voyageurs» ses cousins de Montréal, son oncle Pierre Parenteau de Montréal et ses oncles d’Yamaska, Joseph et François Parenteau. Un de ses cousins de Montréal, Joseph, s’est établi au Manitoba où il a épousé une Métisse dénommée Suzanne. Pierre Paranteau était donc le frère, le cousin et le neveu de plusieurs Parenteau associés à la naissance d’une nouvelle nation canadienne au Manitoba, les Métis, mélanges de Canadiens et d’Autochtones. Il était d’une lignée de «voyageurs». Il fit certes des «voyages» dans l’Ouest avant son mariage de 1811 car dans l’acte religieux de son mariage il s’est déclaré «voyageur».

 

Mariage et famille de Pierre Paranteau et d’Henriette Dupéré

 

Ce Pierre Paranteau voyageur résidait à Québec lors de son mariage comme garçon majeur et «voyageur» âgé de 24 ans selon l’acte de son mariage daté du 19 novembre 1811 avec Henriette Dupéré, née le 28 décembre 1792, 18 ans, fille mineure de feu Louis Dupéré, journalier, et d’Angélique Dassylva dite Portugais. Le père du marié, feu Chrysostome Parenteau, est dit cultivateur à Sorel. Après leur retour de Québec dans la paroisse St-Michel d’Yamaska, probablement à St-Robert, ils ont eu, entre 1812 et 1819, tout au moins trois enfants nés et baptisés dans la paroisse d’Yamaska dont le plus jeune des trois décéda peu après sa naissance : Marie née le 17 octobre 1815, Olivier né le 30 août 1817 (baptisé le lendemain, paroisse St-Michel d’Yamaska) et Pierre-Chrysostome né le 29 juin 1819 et inhumé trois semaines plus tard :  au baptême de l’enfant Pierre Chrysostome, il est fait mention que le père était absent (ce qui veut dire en dehors de la partie peuplée de la Nouvelle-France). Selon le recensement de 1825, deux célibataires mâles de 60 ans et plus habitaient dans sa maison de Sorel.

Ce recensement canadien de 1825 montre que le nombre des enfants de Pierre Paranteau et d’Henriette Dupéré était passé à 6 enfants vivants, soit 1 garçon en bas de 6 ans et 5 enfants entre 6 et 13 ans (2 filles et trois garçons). Il reste à démontrer si sa veuve, Henriette Dupéré, et leurs enfants sont décédés au Québec ou dans le reste du Canada ou aux États-Unis. Ils n’ont pas de postérité du nom de Parenteau ou Paranteau au Québec ni semble-t-il au Manitoba. Mais l’ouvrage américain de 1886 mentionne que le couple Dupéré-Paranteau a des descendants aux États-Unis, soit dans les Illinois.

Baptême et sépulture du 3e enfant, Pierre-Chrysostome Parenteau, dans la paroisse St-Michel d’Yamaska

« Le vingt neuf Juin mil huit cent dix neuf, par moi Prêtre soussigné a Eté baptisé Chrysostome né aujourd’hui du légitime mariage de Pierre Parenteau, agriculteur de cette paroisse, et d’Henriette Dupéré. Le parrain Francois Parenteau, oncle de l’enfant, et la marraine Falardeau _ Cartier ont déclaré ne savoir écrire le père absent. »

«Le vingt trois Juillet mil huit cent dix neuf, par moi Prêtre soussigné a été inhumé le corps Pierre Chrysostome fils de Pierre Chrysostome Parenteau et de Henriette Dupéré mort hier âgé de trois semaines Présents Joseph Sycotte et Marie Pelissier qui ne savent ecrire. »

Entre 1812 et 1821 le voyageur Pierre Paranteau assista aux mariages de ses trois sœurs à l’église d’Yamaska. Le 6 mars 1817 à Sorel où il habitait, il s’était engagé à livrer 500 piquets de cèdre de 9 pieds de long et de 6 pouces de diamètre à la maison gouvernementale de Sorel avant le 24 mars suivant (notaire Henry Crebassa ANQM). Henriette Dupéré, 40 ans, une fois devenue veuve de Pierre Paranteau en 1832, s’est remariée à Bytown (Ottawa) le 16 janvier 1833 avec un dénommé Joseph Lajeunesse.

 

Voyage de traite de fourrures au Manitoba en 1819. Il résidait encore à Yamaska (probablement à St-Robert). Il contribuait au Fonds Voyageurs : 1% de ses gages.

 

Pierre Parenteau a été engagé par la Compagnie Hudson Bay le 3 avril 1819 : on l’a identifié comme «voyageur demeurant en la paroisse St-Michel ou Grand Maska (Notaire N.-B. Doucet ANQM). ll devait se rendre en canot à la rivière Rouge et à la rivière aux Brochets au Manitoba. La compagnie Hudson Bay l’a payé 850 livres pour Rivière Rouge plus 50 livres pour Rivière aux Brochets. Ce Pierre Paranteau et sa famille d’Yamaska demeuraient encore à Yamaska en 1819. Ils ont été recensés en 1825 alors qu’ils résidaient dans le bourg William-Henry (Sorel).

Titre de l’acte notarié : Engagement de Pierre Parenteau et La co. de la B. H., 3 avril 1819 à Montréal devant le notaire N.-B. Doucet :

« Par devant les Notaires de la Province du Bas-Canada, à Montréal, y résidents, Soussignés : Fut Present Pierre Parenteau voyageur demeurant en la paroisse St Michel ou Grand Maska lequel s’est volontairement engagé et s’engage par ces présentes à l’HONORABLE COMPAGNIE ET SOCIÉTÉ DE LA BAIE d’HUDSON : connus sous le nom de HUDSON’s BAY COMPANY, George Garden Ecuier un des Associés de la maison de Messieurs William Maitland, George Garden et George Auldjo, du dit Montréal, Marchands, et Associés, sous le nom de Maitland, Garden & Auldjo, Agens de la dite Société et Compagnie à ce présent et acceptant pour la dite Compagnie de la Baie d’Hudson, pour à leur première requisition, partir de Montréal, en qualité de bout de canot dans un des canots de la dite Compagnie de la Baie d’Hudson, pour monter soit à la rivière Rouge soit à la rivière aux brochets dans le païs des Sauvages et descendre à Montréal, aider à porter les canots à trois dans les terres, et avoir bien et duement soin sous sa responsabilité personnelle pendant les routes, et étant rendu aux dits lieux, des Marchandises, Vivres, Pelleteries, Ustensiles, et de toutes les choses nécessaires pour le voyage ; servir, obéir, et exécuter fidèlement tout ce que les dits Sieurs Bourgeois ou tous autres représentant leurs personnes, et celles auxquels ils pourroient transporter le présent engagement, lui commanderont de licite et honnête ; faire leur profit, éviter leurs dommages, les avertir s’il vient à sa connaissance qu’il leur en soit fait, et généralement tout ce qu’un bon engagé doit et est obligé de faire, sans pouvoir faire aucune traite particulière, s’absenter, ni quitter le dit service, sous les peines portées par les loix et ordonnances de cette Province, et de perdre ses gages. Et si le dit engagé contrevenoit ou manquoit aux devoirs, et obligations auxquelles il est tenu par ces présentes, il sera loisible aux dits Sieurs Agens ou à ceux qui les représenteront de congédier immédiatement le dit engagé ainsi contrevenant ou manquant à son devoir.

Cet engagement ainsi fait, pour et moyennant la somme de huit cent cinquante livres ou schelins ancien cours de cette Province, si le dit engagé ne monte qu’à la rivière rouge, et cinquante livres même cours lui sera payée de plus s’il se rend à la Rivière aux brochets qu’ils promettent et s’obligent de bailler et payer au dit engagé un mois après son retour à Montréal. Et à son départ lui donner pour équipement une couverte de trois points, une couverte de deux points et demi, deux chemises de coton, une brasse de drap, un mouchoir de soie, et un mouchoir de coton carottes de tabac grand et petit couteau, une paire de soulier de boeuf et un collier.

Le dit engagé reconnoit avoir reçu d’avance la somme de trois cents livres de vingt sols à compte de ses dits gages s’oblige de contribuer d’un par cent sur ses gages pour le Fond Voyageurs. Car ainsi, Etc. Promettant, Etc. Obligeant, Etc. Renonçant, Etc. Faite et passé à Montréal, en l’étude, l’an mil huit dix neuf le troisième jour du mois d’Avril avant midi, et le dit Sieur Garden a signé avec les Notaires, l’engagé a déclaré ne savoir signer de ce enquis et lecture faite. trente quatre mots rayés sont nuls.

                                                             X                       NB Doucet NP                     F. G. Lepailleur N.P.  »

 

Acquisition de deux propriétés à Sorel

 

En 1822 le 2 avril, il acheta une terre de 3 arpents de front sur 20 de profondeur dans la seigneurie de Sorel (notaire Henry Crebassa ANQM) près de la limite « est » de la ville, de front sur le fleuve Saint-Laurent (lot n°2 du cadastre de l’époque). Le 3 mai 1822 alors qu’il résidait encore dans la seigneurie d’Yamaska, il acheta un emplacement dans la ville de Sorel (appelé à l’époque bourg William-Henry), lot désigné comme ayant le numéro 253 du cadastre de l’époque, de 44 pieds de front sur la rue Sophie (maintenant l’avenue Hôtel-Dieu) et de 198 pieds en profondeur vers la rue Charlotte, sans bâtisse (notaire Henry Crebassa ANQM). Il y bâtit ou fit bâtir une maison et une écurie. Cet emplacement se trouverait de nos jours au numéro civique 187 sur le côté nord de l’avenue Hôtel-Dieu, entre les rues Albert et Alfred. Au recensement de 1825, onze personnes y habitaient : en plus de sa femme et de ses 6 enfants, d’autres personnes y résidaient dont deux hommes célibataires de 60 ans.

 

Voyage dans l’Ouest et le Nord en 1825 :

deuxième des trois expéditions du Capitaine John Franklin au Canada.

 

Pierre Parenteau fut engagé de nouveau le 15 mars 1825 (notaire Henry Crebassa ANQM) pour une expédition alors qu’il demeurait toujours dans le bourg de Sorel (bourg William-Henry) : il devait se rendre en voiture de Sorel au lac Simcoe au-dessus de Toronto, puis à la Baie Georgienne du lac Huron au nord de Toronto, précisément à Penetanguishne. De là il s’embarquerait avec John Franklin dans un canot pour aller au lac à L’ours dans les Territoires du Nord-Ouest. Telle était la teneur du contrat qu’il a signé.

1825-03-15, notaire Henry Crebassa, contrat d’engagement de Pierre Parenteau, de Sorel, à Pierre Rocheblave, représentant de John Franklin. Il était le voyageur le mieux payé à cause de sa position de « devant » dans le canot.

« Par devant les Notaires pour la Province du Bas Canada, residens un au Bourg de William Henry lautre en la paroisse de Berthier soussignés fut present Pierre Parenteau Residant à Sorel fils de Chrisostome Paranteau Lequel sest volontairement engagé et sengage  par ces presentes à Pierre De Rocheblave Ecuier de la dite ile de Montreal acceptant pour le Capitaine Franklin de la Marine Royale de sa Majesté pour partir de Montreal vers la fin du present mois, et se rendre en voiture au Lac Simcoe dou il sembarquera en canot en qualité de Devant de canot pour aller au Lac à Lours pour y passer Lhyver et en revenir dans lautomne de lannée prochaine et alors sera libre à son retour à Montreal, et le dit Engagé soblige par ses presentes davoir bien et duement soin sous sa responsabilité personnelle pendant la route et en tout tems et en tous lieux, de tous les marchandises, vivres pelleteries ustensiles et effets et de toutes les choses necessaires pour le voyage servir, obeir et executer fidèlement tout ce que la dite Compagnie et Societé et celles auxquelles ils pourroient transporter le present engagement lui commanderont de licite et honnête faire leur profit eviter leurs dommages les avertir, s’il vient à sa connaissance quil leur en sont fait et généralement faire tout ce quun bon et fidèle serviteur et engagé doit et est obligé de faire sans pouvoir sous aucun pretexte quelconque faire aucune traite ou commerce particulier avec les Sauvages, ou aucune autre personne ou personnes quelconques, ni de sabsenter ni quitter le dit service sous les peines portées par les Lois et ordonnance de cette Province et la perte de ses gages. Cette Engagement est ainsi fait pour et moyennant la somme de Dix Huit Cents livres ou Chelins ancien cours de cette Province Que le dit Sieur Pierre De Rocheblave promet payer au dit engagé un mois apres son retour à Montreal ou le dit engagé après quil aura livré en bon ordre toutes les marchandises Pelleteries et effets commis à ses soins sera libre, et le present engagement terminé le dit engagé recevera à Montreal Six Cent livres qui lui sera payer à sa premiere demande Et lequipement sera un colier de partage et aussi recevera Trois cents livres ancien cours Lautomne prochaine et dame Henriette Duperé sa femme Et par lui speciallement authorisée pour ces presentes à recevoir et en donner reçu pour et au nom de son dit (un mot) Engagé Car ainsi Etc promettant Etc Obligeant Etc Fait et passé au Bourg de William Henry en letude de Me Crebassa Notaire L’an Mil huit Cent vingt Cinq le quinziesme jour du Mois de Mars apres midi et ont signé à lexception du dit Engagé qui ayant declaré ne le Savoir faire de ce enquis a fait sa marque ordinaire apres lecture faite

marque de Pierre Paranteau +         P De Rocheblave»      Hy. Crebassa NP.     GeHolland »

 

 

Une expédition réglée au quart de tour par la Co. de la Baie d’Hudson

 

L’année précédente, de mars à décembre 1824, et de janvier à fin mars 1825, William McGillivray engagea une trentaine de Canadiens-français au nom du Capitaine John Franklin : ils devaient passer trois ans (retour en 1827) dans les pays «sauvages» et y hiverner.
Par exemple l’un d’eux, Jean-Baptiste Gagnon, dans la position de gouvernail dans un canot, a signé son contrat le 26 mars 1824 à Montréal devant le notaire Henry Griffin, s’engageant à :

« voyager monter et hyverner à tels endroits ou postes qui lui seront indiqués ou ordonnés de tems en tems par le dit Capitaine John Franklin ou par son representant ou ses représentants ».

« … travailler dans les canots barges et batteaux et aider à porter les vivres marchandises pieces balots pacquets et tous autres effets, la charge et après des dits canots et les canots mêmes dans tous les lieux qui lui seront indiqués. Et dans les terres sauvages, ou postes d’Hyvernement. il travaillera, a la pêche, porter les vivres, couper et remancer du bois, bâtir les maisons et en fin a faire tout ce que lui sera ordonné, et ce que doit faire un bon et fidèle engagé suivant la coutume des Pays Sauvages … exécuter fidèlement tout ce que le dit Capitaine John Franklin ou toute autre personne ou personne le représentant, lui commanderont de licite et d’honnête …»

« Et il est de plus expressément convenu et bien entendu entre les dites parties que le dit engagé ne sera pas obligé de voyager plus loin du coté du Nord que la rivière appellée Mackenzie Riviere, mais que ledit Engagé s’oblige de voyager et hyverner, Et travailler comme dit est dans aucune autre partie de L’interieur des pays sauvages, et même aucun poste ou aucun des postes de la dite Compagnie de la Baye d’Hudson si le Capitaine Franklin ou ses representant le trouve necessaire. »

« Cet engagement est ainsi fait pour et moyennant la somme de treize Cents livres ancien cours de cette province, de vingt chelins par année que le dit Capitaine John Franklin promet payer ainsi que le dit agent s’y oblige au dit Engagé un mois après son retour à Montréal ou ledit Engagé sera libre et le present engagement terminé mais il est bien entendu et expressément convenu entre les dites parties que les dites trois années pour lesquelles ce marché est fait ne sera accompli que dans l’automne de la derniere année d’hyvernement et que ledit engagé ne pourra pas demander ou avoir aucune augmentation des dits gages pour le surplus des trois années ladite somme étant donné pour compléter le voyage tant en montant, hyvernement comme dit est, et descendant qui ne peut être accompli que dans l’automne de l’année dix huit Cent vingt sept. Et il est de plus expressément convenu que le dit Capitaine John Franklin aura le droit s’il juge a propos de terminé le present engagement a la fin des premieres deux ans et que dans ce cas les dits deux ne finiront que dans l’automne de l’année dix huit cent vingt six en arrivant a Montreal ou il sera dechargé …»

 

Première étape : de Sorel au lac Supérieur

 

Pierre Paranteau quitta Sorel à la fin mars 1825 accompagné par six «voyageurs» qu’il a probablement lui-même recrutés : Th. Bonamie dit L’espérance (position de milieu dans le canot), François Thibeau, Alexis Neveux, Pascal Hus dit Cournoyer du chenal du Moine, Antoine Lavallée et Jean-Baptiste Cardin. Ils tous passés un contrat identique d’engagement devant le notaire Henry Crebassa, Pierre Parenteau inclus, entre les 4 et 24 mars 1825. La seule clause du contrat qui varie de l’un à l’autre de ces voyageurs est leur position dans le canot. Pierre Parenteau n’apparaît pas comme leur chef sauf qu’il avait la position la plus importante dans le canot : position de devant. Il devaient quitter Sorel vers la fin de ce mois de mars.

Ils se sont rendus à Toronto puis au lac Simcoe en voiture et de là, en canot, ils sont allés rejoindre l’explorateur John Franklin qui les attendait depuis huit jours à la baie Georgienne du lac Huron, précisément à Penetanguishene. Le 23 avril Franklin et les hommes qui l’accompagnaient, dont Pierre Paranteau, s’embarquèrent dans deux larges canots de maître (36 pieds en longueur sur 6 en largeur ou 12m par 2m) déposés là l’automne précédent par « the accession of the voyageurs» de la compagnie Hudson Bay qui a joué un rôle important. Sans l’aide de cette compagnie, cette expédition n’aurait pas été possible. C’est cette compagnie qui a recruté et engagé le voyageur Pierre Paranteau (ou Parenteau).

 

Toronto (York) en 1833. Bibliothèque et Archives Canada Mikan 4137493 item 2. Détail.

Franklin et l’équipe Paranteau longèrent le rivage nord des lacs Huron et Supérieur et arrivèrent à Fort William (Thunder Bay) à l’extrémité ouest du lac Supérieur dix-sept jours plus tard, le 10 mai 1825. On délaissa les deux canots de maître pour quatre petits canots appelés «canots du nord».

 

 

Basil Hall, Canadian Voyageurs of Captain Franklin's Canoe. In 1827. Copyright Royal Ontario Museum.

Basil Hall, Canadian Voyageurs of Franklin’s Canoe, 1827, Copyright, Royal Ontario Museum (ROM) : François Forcier, Antoine (surnommé Enfant) Lavallée et un dénommé François Rinfret dit Malouin né à Maskinongé, selon l’article Captain John Franklin’s 1825 Visit to Toronto dans The Fife and Drum v.19, no.1, March 2015. Et www.mwlandry.ca aux mots voyageurs et Franklin. Dessin exécuté par Basil Hall entre les 23 et 27 août 1827.

 

 

Deuxième étape : du lac Supérieur au lac des Esclaves

 

Le 13 mai à Fort William (voir illustration plus bas), maintenant Thunder Bay sur la rive ouest du lac Supérieur, John Franklin s’embarqua pour le long trajet qui le conduirait au lac l’Ours. Les trois autres canots prirent leur départ quelques jours plus tard avec Pierre Paranteau qui occupait la position de «devant de canot», la position la plus importante et la plus payante. Franklin a raconté dans le récit de cette expédition comment un homme de l’équipe de Paranteau, Antoine Lavallée, mit sa vie en danger par ses manœuvres du canot.

Ils suivirent la route des «voyageurs» qui va de Thunder Bay en Ontario jusqu’au lac Winnipeg au Manitoba, en passant par le lac à la Pluie et, le 30 mai le lac des Bois. Arrivés au lac Winnipeg le 10 juin, ils montèrent ce grand lac jusqu’au nord et arrivèrent à l’embouchure de la rivière Saskatchewan qu’ils remontèrent jusqu’au premier poste de traite de fourrures bien connu, Cumberland House où ils passèrent la nuit du 15 juin 1825. Puis ils remontèrent la rivière Saskatchewan jusqu’à Carlton House et de là ils montèrent vers le nord. Ils empruntèrent par rivières et lacs la route qui les mena jusqu’à l’île à La Crosse où ils arrivèrent le 25 juin. Ils se rendirent à Methye River et y firent un plus long arrêt le 29 juin. L’autre équipe de l’expédition qui arrivait de la baie d’Hudson se joignit à eux.

Puis ce fut l’épreuve la plus difficile : le portage Methye ou La Loche, long de 20 km, qui prit fin le 11 juillet (voir illustration plus bas). Par la rivière Clear Water ils  entrèrent sur la rivière Athabasca qui les mena à Fort Chipewyan au lac Athabasca en Alberta. Le 23 juillet les trajets les plus pénibles étant passés, John Franklin démobilisa plusieurs Canadiens et leur fournit canot et vivres pour qu’ils pussent retourner à Montréal. Selon lui, ces Canadiens furent les premiers à faire un voyage Montréal-Fort-Chipewyan aller-retour la même année. Du lac Athabasca, avec l’aide des autres «voyageurs» canadiens, on remonta la rivière des Esclaves qui mena au lac du même nom dans les Territoires du Nord-Ouest.

 

Toute une nuit à manger, boire, chanter et danser

 

On logea à Fort Résolution. Là, le 29 juillet, les «voyageurs» canadiens dont Pierre Parenteau firent une demande bien spéciale à John Franklin pour commémorer la fin de tous les portages : faire la fête, danser et chanter toute la nuit jusqu’au lever du soleil au son de leurs cornemuses  et accompagnés de temps à autres par la guimbarde, ce que Franklin accorda tout de suite et sans hésitation.

 

A. J. Miller, Breakfast at Sunrise. Détail. Bibliothèque et Archives Canada. C-00424. Cliquer sur l’image.

 

 

Arrivée au but

 

Tout ce beau monde, remis de la fête, quitta Fort Chipewyan le 31 juillet et l’on se rendit à Fort Enterprise. On arriva finalement au lac des Esclaves le 1er août. On a par la suite descendu le fleuve Mackenzie jusqu’à Fort Norman. On apercevait au loin les montagnes Rocheuses sur le côté ouest de la rivière. Là, à Fort Norman, sur les rives du Mackenzie, s’arrêta le parcours de Pierre Paranteau car le 7 août 1825, Franklin jugea que les services des «voyageurs» canadiens n’étaient plus nécessaires. Il demanda à son assistant, le lieutenant Back, de les aviser. Ils purent retourner en canot au lac des Esclaves et y passer l’hiver avant de revenir à Montréal. Franklin veilla à ce qu’on leur fournît les articles requis pour la pêche en hiver. Les dépenses de leur retour furent assumées par le gouvernement britannique. Pierre Paranteau fut de retour à Sorel durant l’été 1826. De nos jours, grâce au récit de ce voyage qu’écrivit et publia John Franklin et grâce au site web Google Earth, on peut survoler tout le trajet de cette expédition. Source : Narrative of a Second Exedition to th Shores of the Polar Sea, in the years 1825,1826 and 1827, par John Franklin, London, John Murray, Albemarle Street, 1828.

« The voyageurs were bound by contracts drawn up under the civil laws of Lower Canada, for example that which Pierre Parenteau of Sorel, ‘front canoe man,’ signed 15 March 1825. He began by accompanying the supply wagons up Yonge Street to Lake Simcoe, then continued by canoe over the lakes and rivers to [Great] Bear Lake. He was discharged there on 7 August 1825 and expected to overwinter in the north, fishing for his food. In spring he made his way back to Montreal with pelts and other goods belonging to his sponsor, the merchant Pierre De Rocheblave. The latter paid Parenteau’s wife £300 (old currency) in the autumn of 1825, £600 to Parenteau himself on his return to Montreal in 1826, and a final payment of £1800 a month later ». Source : article Captain John Franklin’s 1825 Visit to Toronto dans The Fife and Drum v.19, no. 1, March 2015.
 
 
 

Pierre Paranteau a vendu ses deux propriétés de Sorel

 

Au retour de son expédition dans les Territoires du Nord-Ouest, Pierre Paranteau vendit sa terre de Sorel sans bâtisse le 23 octobre 1826 à Isaac Jones, marchand de Sorel. Puis l’année suivante le 26 mars 1827, sa belle-sœur Cécile Dupéré âgée de 41 ans fut inhumée à Sorel. Elle était mariée à John Livingstone, cordonnier à Sorel. Le 19 novembre suivant, trois mois après l’arrivée de Franklin à Montréal, il vendit aussi son emplacement de la ville de Sorel, avec maison et écurie qu’il avait bâties ou fait bâtir, à un «voyageur» résidant à Sorel, Jacques Guedon (notaire Henry Crebassa, ANQM). Ce dénommé Guedon se maria le 27 juillet 1830 à Sorel et s’identifiait comme «voyageur des pays d’en haut». L’année 1827 est la dernière où Pierre Paranteau et Henriette Dupéré apparaissent dans les greffes de notaire et registres civils du Québec.

En 1827, le 18 août, John Franklin arrivait à Lachine (Montréal), de retour de son expédition de deux années dans les Territoires du Nord-Ouest et sur les côtes canadiennes de l’océan Arctique. Il  passa cinq jours à Lachine et Montréal. Il fut reçu chaleureusement par l’agent de la compagnie Hudson Bay, James Keith, avec qui il régla les comptes de l’expédition. Le premier septembre il s’embarquait à New York pour son retour en Angleterre. Pierre de Rocheblave, ancien dirigeant de la Compagnie Hudson Bay à Montréal, était désormais à Trois-Rivières comme agent de cette compagnie. Il fut à ce poste durant deux ans, en 1826 et 1827. C’est lui qui avait engagé Pierre Paranteau en 1825 pour cette expédition de Franklin, alors qu’il était le dirigeant de la Compagnie Hudson Bay à Montréal.

 

 

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Franklin, John, en 1845, d’après le tableau peint par Thomas Philipps, détail. National Portrait Gallery, Canberra

 

 

 

Pierre Paranteau a déménagé à Bytown (Ottawa) où il est mort du choléra en 1832.

 

Pierre Paranteau et Henriette Dupéré ont quitté le Québec (Bas-Canada) pour vivre à Bytown (Ottawa, Ontario). Pierre Paranteau avait déjà passé beaucoup de temps dans l’Ouest et  appartenait à une famille de «voyageurs» avec son père Chrysostome, son frère Jean, établi au Manitoba, ses oncles, ses cousins et petits-cousins, tous «voyageurs». Hébergeait-il à Sorel des «voyageurs» retraités ou son père et son beau-père  : selon le recensement de 1825, deux célibataires mâles de 60 ans et plus habitaient dans sa maison de Sorel. Selon ce recensement de 1825, s’y trouvaient aussi 6 enfants au-dessous de 14 ans, 4 garçons et 2 filles plus un enfant en dessous de 6 ans, Robert O. Bref le recensement de 1825 a relevé que le nombre des enfants était passé de 3 à 6 enfants vivants, soit 1 garçon (Robert O.) en bas de 6 ans, et 5 enfants entre 6 et 13 ans (2 filles et trois garçons).

La famille Dupéré-Paranteau a quitté le Québec vers 1827-28 pour Bytown (Ottawa, Ontario) durant la construction du canal Rideau qui eut lieu vers 1827. Pierre Paranteau, le père, fut témoin au mariage de Jean-Baptiste Longpré et Françoise Magnan, tous deux résidents de Bytown, le 24 janvier 1830*. Le nom de Pierre Paranteau figure sur une pétition d’environ 63 signatures d’habitants de Bytown en juillet 1829. Il est décédé du choléra à l’âge de 46 ans le 24 août 1832* à Bytown et fut inhumé le lendemain au même endroit. En 1832 une épidémie de choléra sévissait partout au Bas-Canada, Personne d’autre dans la famille ne figure dans les registres de décès de Bytown, On ne sait cependant pas si d’autres membres de la famille furent infectés. L’épidémie de 1832 fut suivie par une autre deux ans plus tard, en 1834 : cette autre vague épidémique fut majeure car elle causa 900 décès à Montréal et 2500 à Toronto. Plusieurs Irlandais infectés à bord des vaisseaux transatlantiques durent être mis en quarantaine à Grosse-Île.

Sa veuve, Henriette Dupéré, 40 ans, se remaria avec un dénommé Joseph Lajeunesse à cet endroit le 16 janvier 1833* : ils ont eu une fille le 22 juin 1834 à Bytown* et un garçon nommé Joseph, né le 2 juin 1836 et baptisé le lendemain au même endroit, Bytown* (Ottawa).

Définition du choléra selon Le Larousse : maladie épidémique contagieuse produite par le vibrion cholérique, ou bacille virgule, et caractérisée par des selles très fréquentes, des vomissements, une soif intense, un amaigrissement rapide, des crampes douloureuses dans les membres, un abattement profond avec abaissement de la température, et pouvant se terminer par la mort.

*Bytown (registres paroissiaux) : Baptêmes, mariages et sépulture1825-1836 (fait au complet), Sépultures 1829-1887 (fait de 1829 à 1871) ) et Mariages 1829-1867 (fait de 1829 à 1855) sur FamilySearch. Tout laisse croire qu’Henriette Dupéré et son deuxième conjoint, Joseph Lajeunesse, ne sont pas décédés à Bytown de même qu’aucun des enfants des deux mariages d’Henriette Dupéré. Il ne serait pas étonnant de les retrouver aux État-Unis, probablement dans les États du Wisconsin ou Minnesota.

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Robert O. Paranteau, de Mount Pulaski en Illinois, né en 1820, était leur fils.

 

Un ouvrage très intéressant intitulé The History of Logan County, Illinois, aux pages 801-802, comporte une courte biographie d’un dénommé Robert O. Paranteau de Mount Pulaski en Illinois, rapportant qu’il était le fils de Pierre Paranteau et d’Henriette Dupéré, qu’il serait né le 30 août 1820 en France (en fait au Canada-français) et qu’il serait décédé en 1865. Mais cette biographie américaine de 1886 doit être corrigée grâce aux registres de la paroisse St-Michel d’Yamaska, lesquels le disent né le 20 août 1817 et baptisé sous le prénom d’Olivier (et non Robert O) le lendemain. L’initiale « O » n’est cependant pas identifiée sur le monument funéraire ni dans la biographie de 1886. Le recensement américain de 1860 le dit âgé de 40 ans.

Deux sources américaines

Quoi penser ?

1 – Sur son monument funéraire son prénom principal est Robert O, son année de naissance est 1820 et celle de son décès, 1865. 2 –  Sa biographie datant de 1886 le dit né le 30 août 1820. Selon cette même biographie de 1886 il serait décédé le 10 février 1865. Ces dates correspondraient parfaitement à celles figurant sur le recensement américain de 1860.  Cependant étant donné que sa biographie ne mentionne pas le lieu de sa naissance, il est plus approprié de se fier aux registres paroissiaux de St-Michel d’Yamaska, donc né le 30 août 1817. L’année 1847 fut celle de son mariage avec Caroline Braucher. Il est décédé en 1865.

Son père, Pierre Paranteau, était voyageur pour la traite des fourrures dans les territoires des prairies canadiennes (Manitoba etc). Le recensement de 1825 ne donne pas les prénoms et âges de ses enfants. On ne connaît même pas encore l’identité des 6 enfants dénombrés dans ce recensement.

Demeure cependant l’objection qui veut, selon la biographie de 1886, qu’il soit originaire de France. Le recenseur de 1860 s’est-il trompé ? Il n’a pas confondu le Canada-français et la France. Le recenseur a voulu dire que sa langue maternelle était le français et qu’il était originaire de France. Ceux et celles qui auraient fourni les données biographiques n’auraient pas trouvé de copie de l’acte de son baptême célébré à Yamaska en 1817. Ils auraient conclu qu’il était originaire de France comme mentionné dans le recensement de 1860. On ne sait pas si  Robert O Paranteau croyait lui-même qu’il était originaire de France. On a trouvé dans ce recensement des Américains identifiés comme étant originaires du Canada, du Canada Est, d’Allemagne, d’Écosse, d’Irlande, de Belgique, de France et de plusieurs États américains.

Qui vers 1885 aurait fourni les renseignements contenus dans la biographie de Robert O. Paranteau mort en 1865, une vingtaine d’années avant la publication en 1886 du livre The History of Logan County, Illinois ? Sa veuve, Caroline Braucher, qui est décédée en 1913 ? Sa fille Katie mariée avec Jacob Seyfer ? Son autre fille, Letitia Wynn, mariée avec un dénommé Broacher et inhumée en 1819 ? Tous savaient sans doute quand souligner l’anniversaire de naissance de Robert O Paranteau.

Robert O Paranteau, savait-il quelle était la date exacte de sa naissance ? Probablement pas. Finalement ce sont la biographie de 1886 et les registres paroissiaux qui permettent de conclure avec le plus de certitude et d’exactitude que Robert O.Paranteau était le fils de Pierre Paranteau et d’Henriette Dupéré. Seuls les registres paroissiaux d’Yamaska permettent de savoir qu’il était né le 30 août 1817 (et non 1820) à Yamaska. Ce qu’il y avait de plus important à démontrer, c’était la filiation entre le couple Dupéré-Paranteau et Robert-O Parenteau.

Par Gilles Parenteau, Montréal, 18 août 2017,  www.parenteau.me

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ANNEXE : texte extrait de « The History of Logan County, IIlinois” (1886), pages 801-802 : 

 
« Robert O. Paranteau, desceased, was born in Paris, France, August 30, 1820*, and is the son of Pierre and Harriet Paranteau who brought their family to Canada and settled near Montreal in 1825. Pierre Paranteau was with Sir John Franklin, and was one of the few survivors of his famous and ill-fated expeditions. For his services on this Polar trip he was given two lots in a Canadian village, the deeds for which are still in the family. Robert O. Paranteau went in early life to New York City and shipped thence on a vessel for the Pacific Coast. He rounded Cape Horn and landed at a Mexican seaport and thence made his way across the sterile country to the United States, finally in 1845, settling in Illinois. For several years he was employed during the session of the Legislature as a printer in the State Register office at Springfield. Like the majority of his countrymen he was polished in manners, light hearted, and delighted in dancing and gay society. He taught the terpsichorean art for years in Mt. Pulaski, which became noted for its brilliant parties and balls. Mr. Paranteau spoke with fluency both German and French. During the Rebellion he served in Company I, Twenty-Sixth Illinois Infantry. He was discharged on account of ill-health and returning to Mt. Pulaski, died, February 10, 1865. Mr. Paranteau was a charter member of Mt. Pulaski Lodge, No. 87, A. F. & A. M. In 1847 he married Miss Caroline Braucher, daughter of Colonel Isaac R. and Susan W. Braucher. Of his children, two daughters only survive him— Katie, wife of Jacob Seyfer, and Letitia Wynn, both teachers. Since 1880 Mrs. Paranteau has resided on her farm, two miles north of Mt. Pulaski, which is managed by Mr. Seyfer. Colonel Braucher was a miller and farmer, and came from Ohio to Sangamon County, Illinios, in 1832, thence to Logan County in 1841, where he engaged in milling, building a saw and grist mill on Salt Creek, which he ran for many years. Later the mill burned and he moved to his farm one mile north, where he did in 1870. He was a charter member of Mt. Pulaski Lodge, No. 87, A. F. & A. M., also a charter member of Mt. Pulaski Chapter, No. 121, Royal Arch Masons. He was a man of original thought and liberal views; an energetic public-spirited citizen, and just the man needed in developing a new country. Colonel Braucher and Robert O. Paranteau are both buried in the Mt. Pulaski Cemetery. Susan Wynn Broacher was born and reared near Philadelphia; died and was buried in the village of Adelphi, Ohio, in 1829.”
* 1817 in the Parish Registers
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 Monument funéraire des Paranteau, à Mount Pulaski, Illinois.
 
 
Emplacements de la résidence et de la terre de Pierre Parenteau de Sorel en 1825.

Emplacements de la résidence et de la terre de Pierre Paranteau de Sorel en 1825. Cliquer sur l’image. Detail, Carte 1880, Atlas of the Town of Sorel and County of Richelieu, Province of Quebec, by H.W. Hopkins, ANQ.

Parcours approximatif de Pierre Parenteau en 1825 avec l'explorateur John Franklin.

 

 

Carte du parcours de Pierre Parenteau en 1825, avec l'explorateur John Franklin.

Carte du parcours de Pierre Parenteau en 1825, avec l’explorateur John Franklin. Cliquer sur l’image.

 

 

Canoes in fog. Détail.

Canoes in fog. F. A. Hopkins. Détail. Cliquer sur l’image.

 

Détail, Fort William (Thunder bay) en 1811, ANC cote E00756944

Détail, Fort William (Thunder Bay) en 1811, ANC cote E00756944. Cliquer sur l’image.

 

Fin du portage Methye ou La Loche, tel que vu par Pierre Parenteau et descente vers la rivière Clear Water à partir du portage Methye, au nord de la Saskatchewan. Dessin du lieutenant Back, compagnon de Franklin, 16 juillet 1825.

Fin du portage Methye ou La Loche, tel que vu par Pierre Parenteau et descente vers la rivière Clear Water à partir du portage Methye, au nord de la Saskatchewan. Dessin du lieutenant Back, compagnon de Franklin, 16 juillet 1825. Cliquer sur l’image.