VI – Joseph Parenteau et M-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur, troisième branche

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2017, le 24 octobre.

 

 

VI 

 

Joseph Parenteau (1721 – 1801)

et Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur

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Troisième génération – Troisième branche

 

 

Suzor Côté. Village en hiver fr.pinterest.com. Usage pour but éducatif seulement, non lucrarif.

Suzor Côté. Village en hiver. fr.pinterest.com. Usage pour but éducatif seulement, non lucratif. Cliquer sur l’image.

 

 

Joseph Parenteau, fils de Pierre-Louis Parenteau et de Marguerite Saint-Laurent, est né le 23 juin 1721 à Yamaska dans le rang du Petit-Chenal et fut baptisé le lendemain à Yamaska (registres de Saint-François-du-Lac). Il eut comme parrain et marraine l’ami et voisin Joseph Desrosiers et sa tante Gabrielle Saint-Laurent.

 

Joseph, voué à l’agriculture dès sa jeunesse

 

Durant sa jeunesse il travailla assidûment au travaux et au développement de la ferme familiale du Petit-Chenal d’Yamaska et c’est pour cette raison entre autres qu’après le décès accidentel de son père survenu le 4 juin 1745, sa mère fit enregistrer devant notaire la terre que son père lui avait verbalement promise pour le remercier de son travail assidu sur la ferme : « pour le récompenser des peines et soins qu’il se donnait continuellement pour les travaux d’agriculture concernant les intérêts de ses dits père et mère…» (Notaire H.O. Pressé, ANQTR).

 

Les vaches, par Horatio Walker. vers 1915. Musée des beaux-arts du Canada.

Les vaches, par Horatio Walker. vers 1915. Musée des beaux-arts du Canada. Cliquer sur l’image.

 

 

De plus Joseph reçut en donation de sa mère veuve la ferme paternelle du Petit-Chenal d’Yamaska avec le consentement de ses frères et sœurs le 11 juillet 1747 (notaire Pillard, BAnQ). En retour il accepta de prendre sa mère à sa charge et de lui fournir tout ce dont elle aurait besoin jusqu’à la fin de ses jours. Trois jours plus tard, c’est le prêtre missionnaire d’Yamaska qui fit l’inventaire des biens  de sa mère et de feu son père plutôt qu’un notaire vu la modicité des biens (notaire Pillard, 1747-07-14, BAnQ).

 

 

Joseph, 27 ans, à coups de poing sur le fils d’un voisin,

l’impulsif Joseph Desrosiers fils, 18 ans, en 1749.

 

Juridiction royale de Trois-Rivières : requête de Joseph Desrosiers, père et demandeur, datée du 3 octobre 1749, contre Joseph Parenteau 28 ans et Pierre Parenteau 32 ans, frères et habitants d’Yamaska, défendeurs, pour que les deux frères Parenteau soient condamnés aux dommages et intérêts pour avoir battu et maltraité son fils Joseph Desrosiers, 18 ans. Les défendeurs Joseph et Pierre Parenteau ont répondu qu’ils avaient eu une dispute avec Desrosiers fils relativement à un canton de prairie en leur commune mais qu’ils ne l’avaient point battu. Joseph Cantara et Pierre Brouillard, assignés comme témoins, ont affirmé sous serment que Joseph Parenteau avait frappé Desrosiers fils et qu’ils s’étaient échangé plusieurs coups jusqu’à l’arrivée de son frère Pierre Parenteau qui donna deux  coups de poing à Desrosiers fils pour ensuite les séparer. Pierre et Joseph Parenteau furent  condamnés pour voie de fait à l’amende de 12 livres applicables à la fabrique d’Yamaska avec interdiction de récidiver sous plus grande peine et aux dépens liquidés à 23 livres et 19 sols (ANQ cote TL3, S11, P3999). Malgré tout Joseph Desrosiers père a agi comme père de Joseph à son mariage le 7 février 1752, deux ans et demi plus tard. Le 3 mai 1756 Joseph Parenteau fut assigné comme témoin dans une enquête criminelle sommaire faite à la demande de Joseph Desrosiers père, capitaine de milice d’Yamaska, contre Pélissier dit Lafeuillade, habitant d’Yamaska, qui s’est battu contre le même Joseph Desrosiers fils (BAnQ cote TL5,D1861). Car deux mois auparavant ce Joseph Desrosiers fils avait été accusé par Pierre Pélissier d’Yamaska de l’avoir attaqué dans  sa voiture, de l’avoir frappé à coups de poing et de genoux pendant qu’il se préparait à se découvrir et à sortir de sa carriole (BAnQ cote TL3, S11, P4601). Desrosiers père fut condamné à payer 200 livres et le fils 60 livres (BAnQ cote TL3, S11, P4609). L’histoire ne nous dit pas si ce Joseph Desrosiers fils était arrogant et provocant ni s’il était surprotégé par son père.

 

Petits porcs blancs et leur mère. par Horatio Walke. Musée des beaux-arts du Canada.

Petits porcs blancs et leur mère. par Horatio Walker. Musée des beaux-arts du Canada. Cliquer sur l’image.

 

 

Joseph se marie à 30 ans en 1752

 

 

Le 29 janvier 1752, à l’âge de 30 ans, l’âge de la majorité à partir duquel on pouvait se marier sans le consentement des parents, Joseph Parenteau signa un contrat de mariage avec une jeune veuve de Louiseville, Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur, 22 ans : elle s’appelait habituellement Jeanne Jolicoeur. Elle avait une jeune enfant de son premier mariage avec Joseph Gerbeau dit Bellegarde, Marie-Rose Bellegarde, 2 ans.  Marie-Jeanne était née le 12 septembre 1729 à Louiseville et était la fille de Claude Georgeteau dit Jolicoeur, caporal, et de Françoise Desrosiers.  Elle avait une demi-sœur, Marie Georgeteau, qui est venue résider à Yamaska par la suite et qui épousa en 1755 Pierre Parenteau, veuf de Madeleine Rondeau et frère de Joseph : deux frères Parenteau mariés avec deux demi-sœurs Georgeteau. Dans le contrat de mariage de Joseph Parenteau avec Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur, signé le 29 janvier 1752 devant le notaire Pillard, il est mentionné que l’épouse a de fort modestes biens : ses hardes, son lit, deux vaches estimées à 70 livres et deux brebis estimées à 12 livres qui lui revenaient de sa première union. Les noces furent célébrées le 7 février 1752 à Louiseville, lieu de résidence d’Augustin Parenteau, frère du marié.

 

Horatio Walker,First Gleam at Dawn. Musée-national des beaux-arts MNBA. ameriquefrancaise.org

Horatio Walker, First Gleam at Dawn. Musée national des beaux-arts MNBA. ameriquefrancaise.org. Cliquer sur l’image.

 

 

Les deux demi-sœurs Georgeteau, Marie et Marie-Jeanne, mariées respectivement aux deux frères Pierre et Joseph Parenteau, se présentaient parfois sous les noms de Marie Jolicoeur et Jeanne Jolicoeur, comme ce fut le cas le 21 novembre 1795 lorsqu’elles furent présentes à la signature du contrat de mariage de Chrysostome Parenteau et de Marie Hus dit Milette et Beauchemin (notaire Henry Crebassa). Leur nom  Georgeteau se prononçait Georg-teau sans prononcer  le «e» de la finale de George, si on se fie aux différentes façons dont il a été écrit : Horsteau, Jorsteau, Josteaux, Jortau etc. La prononciation ressemblait à «Jorjchto», le «g» se fusionnant avec le «t» pour faire «cht». Heureusement et de préférence à un nom chuinté, ces deux demi-sœurs ont finalement choisi de porter le charmant nom de Jolicoeur !

 

Joseph et les affaires de la famille

 

Le 13 septembre 1753 Joseph devait 45 livres, 19 sols et six deniers pour des marchandises achetées de Luc Schmid, propriétaire du magasin général situé à l’embouchure de la rivière Sainte-Catherine sur la rive est de la rivière Yamaska (notaire Rigaud, BAnQ). Lors du recensement de 1765, il possédait une maison sur sa terre de 125 arpents en superficie au Petit-Chenal, dont 15 arpents en culture (en 1723 du temps de son père, 42 ans plus tôt, il y avait 6 arpents en culture sur cette terre). Il avait 2 vaches, 2 taures, 3 moutons, un cheval et 5 cochons (RAPQ 1936-37 p.103). Il était alors père de cinq garçons et trois filles. Il gardait aussi sa mère et la fille du premier mariage de sa femme. C’est cette année-là que les titres de propriété de sa terre lui furent  accordés par le seigneur Godefroy de Tonnancour, car ce fut sur un simple billet du seigneur Jean Petit  que son père Pierre-Louis avait acquis cette terre en 1710 (notaire Paul Dielle, BAnQ).

 Déménagement du fils Joseph Parenteau en 1774

et décès de sa mère, Marguerite Saint-Laurent, en 1775

 

Emplacement de la terre de Pierre-Louis Parenteau et de sa femme Marguerite St-Laurent puis de son fils Joseph au Petit-Chenal d’Yamaska et, en bas à droite, l’emplacement de la ferme acquise par Joseph Parenteau et Jeanne Jolicoeur le 1er avril 1774.

 

Les Parenteau quittent le Petit-Chenal

 

Le 6 février 1774 Luc Schmid et sa femme Élizabeth Deguire Desrosiers, devant le notaire Rigaud, vendirent à leur frère et beau-frère Antoine Desrosiers  une terre de 3 1/2 arpents de front au Petit-chenal d’Yamaska (du côté de la baie de Lavallière). De ces 3 1/2 arpents, 2 1/4 arpents avaient été acquis de la terre de 3 arpents de Pierre Parenteau et le reste,  1 1/4 arpent, provenait d’une terre de 2 arpents de front de Joseph Parenteau. Cette terre se trouvait entre celle de François Pétrain et une autre de Joseph Parenteau, dans la réserve de terres que le défunt Pierre-Louis Parenteau avait planifié de concéder à ses enfants. Prix : 650 livres ou chelins.  À cette terre provenant de la réunion de parties de terres s’ajoutait une section de la presqu’île qui était sur la devanture de cette terre. Quelques semaines plus tard, le 31 mars devant le même notaire, Antoine Desrosiers échangea avec un dénommé Michel St-Germain cette terre de 3 1/2 arpents de front contre une autre de 2 arpents de front ou environ, avec maison et autres bâtiments, terre située aussi à Yamaska entre celle d’Antoine St-Germain et celle de Joseph De Guire dit Desrosiers.

 

La terre paternelle du défunt Pierre-Louis Parenteau a été échangée

 

Le premier avril 1774 Joseph Parenteau échangea la ferme paternelle du Petit-Chenal d’Yamaska contre deux autres terres contiguës de 3 arpents de front chacune situées plus au sud à 3 km de là, angle de la rue Principale et du rang du Petit-Chenal dans la partie nord du village actuel d’Yamaska (notaire Élie-François-Pierre Rigaud, premier avril 1774, Archives, BAnQ). Joseph Parenteau a été propriétaire de la ferme ancestrale du Petit-Chenal durant près de 30 ans.Auparavant, durant sa jeunesse, il s’y était dévoué  constamment.

En 1774, le 1er avril, devant le notaire Rigaud, dans la maison du père de Jean-Baptiste Desrosiers, Joseph Desrosiers : échange de terres entre Joseph Parenteau et sa femme Jeanne Jolicoeur d’un part, et Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme Charlotte Lhuissier, tous d’Yamaska.

Joseph Parenteau et sa femme ont cédé à Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme : « … une terre sise et située au petit chenaille Seigneurie dyamaska pour frond et profondeur au desir de tel acte qui la designe ainsy que lyle de même largeur de devanture de la dite terre et non plus joignant dun coté (au nord, coté d’en bas) a Joseph Derosiers fils Et de lautre coté (au sud, côté d’en haut) ce jour dhuy a Michel St. Germain … avec tous et telles batimens maison grange Et etable si aucuns sont … »

Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme en échange ont cédé à Joseph Parenteau et femme : « … deux terres joignant ensemble faisant six arpens de frond sur toute la profondeur designé au contrat de concession … joignant dun coté Joseph Landry Et de lautre coté Baptiste Vanasse … avec tous et tels batimens maison grange et Etable si aucuns sont … »

Acte d’échange fait et passé dans la maison de Joseph Desrosiers, père de Jean-Baptiste Desrosiers. Joseph Parenteau et Jean-Baptiste Desrosiers ne savaient pas écrire et ont signé par leurs marques respectives.

Pour cet échange de terre voir l’article sur ses parents, Pierre-Louis Parenteau et Marguerite St-Laurent sous l’onglet Histoire.

C’est sur cette nouvelle ferme que sa mère Marguerite Saint-Laurent, veuve de Pierre-Louis Parenteau, est décédée l’année suivante le 5 septembre 1775 à l’âge de 81 ans. Elle fut à maintes reprises sage-femme à Yamaska.

 

Horacio Walker, Pastoral Landscape, ehive.com, Strathcona County Art Gallery

Horatio Walker, Pastoral Landscape, ehive.com, Strathcona County Art Gallery. Cliquer sur l’image.

 

 

Des fils qui se marient

 

En 1780 le 27 janvier, Joseph Parenteau et Marie-Jeanne Georgeteau firent une première donation de terre à leur fils aîné Joseph qui allait se marier avec Marie-Rose Martin. Les fiancés signèrent leur contrat de mariage le jour de cette donation chez les Martin en présence de 22 personnes (notaire Robin, BAnQ). Ils se marièrent le 31 suivant à Yamaska et s’installèrent sur leur terre à l’entrée nord du village d’Yamaska. Un autre fils de Joseph, Jean, signa un contrat de mariage le 7 février 1782 avec Geneviève-Cécile Dumas en présence de 36 personnes chez les Dumas (notaire A. Robin, BAnQ). Après leur mariage célébré le 11 suivant à Yamaska, ils s’installèrent dans le rang du Petit-Chenal. Le 6 mai 1784 Joseph Parenteau et Marie-Jeanne Georgeteau offrirent une partie de leurs biens meubles et immeubles à huit de leurs enfants en échange d’une pension viagère. Tous refusèrent en faveur de leur frère Michel (notaire Robin, BAnQ). Un troisième fils, Pierre, signa aussi un contrat de mariage le 27 janvier 1786 avec Marie-Anne Martin, la sœur de Marie-Rose,  chez les Martin en présence de 30 personnes (notaire A. Robin, BAnQ). Après leur mariage célébré le 30 suivant à Yamaska, ils s’établirent sur le côté est de la rivière Yamaska. Deux frères Parenteau, Joseph et Pierre, mariés aux deux sœurs Martin. Enfin le 9 septembre 1787,  Joseph Parenteau et Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur donnèrent le reste de leurs biens à leur fille aînée Josette et son mari, Michel Petit dit Gobin, qui acceptèrent en contrepartie de les prendre à leur charge (notaire Robin ANQM).

 

Décès de Joseph Parenteau en 1801 et de sa femme en 1797

 

La femme de Joseph Parenteau, Marie-Jeanne Georgeteau dit Jolicoeur, est décédée à 67 ans le 1er mai 1797 à Yamaska. Joseph s’est éteint à 80 ans le 5 juillet 1801 et fut inhumé le lendemain à Yamaska après avoir consacré toute sa vie à l’agriculture et avoir installé ses enfants sur des terres aux quatre coins d’Yamaska. Environ 75% des Parenteau d’Amérique sont ses descendants tant au Québec qu’aux États-Unis dans les États du Minnesota, du Wisconsin et du New Hampshire.

 

Michel Parenteau et son fils ont refusé d’aider Papineau en 1837

 

Louis-Joseph Papineau

Louis-Joseph Papineau. Cliquer sur l’image.

 

Durant l’insurrection de 1837-38, deux descendants de Joseph Parenteau et de Marie-Jeanne Georgeteau dit Jolicoeur, Michel Parenteau père et Michel Parenteau fils ont été soupçonnés d’avoir collaboré à l’insurrection et furent donc impliqués dans une enquête de la police.  Michel Parenteau père était marié à Archange Giguère et le fils marié à Madeleine Saint-Germain. Ils étaient respectivement les fils et petits-fils de Jean-Baptiste Parenteau et de Geneviève-Cécile Dumas.

D’après la déposition de Joseph Cartier cultivateur à Yamaska, datée du 29 novembre 1837, Michel Parenteau père et Michel Parenteau fils ainsi que treize autres cultivateurs patriotes auraient été «commandés» le 21 novembre 1837 au nom de Louis-Joseph Papineau, par les patriotes Joseph-Olivier Arcand, arpenteur et ancien député du comté, le docteur Rousseau, Dominique Charland, marchand, et Amable Paradis aussi marchand à Yamaska, de garder et protéger les personnes de Joseph-Olivier Arcand et du docteur Rousseau, chef rebelles de 1837-38. Ils les ont gardés et protégés deux nuits, armés de leurs fusils. Mais les quinze cultivateurs d’Yamaska ont finalement refusé d’aller porter secours à Papineau et au docteur Nelson à Saint-Ours et Saint-Denis. C’est le colonel De Tonnancour qui les aurait incités à plutôt obéir aux ordres de Sa Majesté britannique. Telle fut la teneur de la déposition de Joseph Cartier. Le 26 novembre, à l’annonce de la défaite de Saint-Charles, ces patriotes cultivateurs de Yamaska ont décidé de ne pas se compromettre davantage. (BAC, Événement 1837-38 n° 217; BAnQ P224 :2857 et Gilles Laporte, Patriotes et Loyaux, p.326)

Quatre mois plus tard, le 5 avril 1838, Michel Parenteau, père ou fils on ne sait, a déclaré sous serment qu’il n’avait jamais entendu le marchand Dominique Charland parler contre le gouvernement, qu’il lui avait conseillé de prêter le serment d’allégeance à la couronne britannique, étant prêt à le faire lui-même, et qu’il serait mieux de protéger la paroisse contre le brigandage. Parenteau n’a rien dit de plus dans sa déposition. Ce Dominique Charland, 38 ans, arrêté le 29 mars 1838, était alors en prison à Montréal et a déclaré ce qui suit le 12 mai suivant : « J’ai été, ainsi que nombre d’autres de notre paroisse, requis d’aller à St-Denis, par une personne que je ne connais point la veille ou l’avant-veille ou peu en cet endroit, personne de notre paroisse ne s’y rendit non plus que moi-même. Après les troubles j’ai fait signer une adresse à sa Majesté témoignant notre loyauté. Enfin je  crois n’avoir rien fait pour que l’on me retienne ici prisonnier.» (BAC, Événement 1837-38, n° 217).

On lira davantage sur le sujet dans «Patriotes et Loyaux, Leadership régional et mobilisation politique en 1837 et 1838», par Gilles Laporte, les pages sur Yamaska, pp.323-327. Malgré son volte-face envers Papineau, sa déposition loyaliste et sa fidélité à la couronne britannique, Michel Parenteau fils fut, quatre ans plus tard en 1842, père d’un garçon auquel il donna le prénom du chef des Patriotes 1837-38 : son fils s’est appelé Louis-Joseph Parenteau qui à son tour appela son fils Louis-Joseph ! Nul doute que Michel Parenteau, même fidèle à la couronne britannique, éprouvait toujours de l’admiration pour Louis-Joseph Papineau qui avait défendu des réformes qui avaient plu aux paysans frappés par la crise économique et sociale de ces années-là, par la surpopulation des seigneuries entre autres. Finalement Michel Parenteau aurait donc préféré se cantonner dans une position politique ambiguë.

 

Yamaska 1727-1977, volume-souvenir 1977, maisons Parenteau Ya

Yamaska 1727-1977, volume-souvenir 1977, maisons Parenteau à la sortie nord du village d’Yamaska. Cliquer sur l’image.

 

 

Les 9 enfants survivants de Joseph Parenteau

et de Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur,

 quatre autres étant morts avant l’âge d’un an :

 

1-Marie-Josephte : née et baptisée 24 octobre 1752 à Yamaska. Mariée avec Michel Petit dit Gobin le 14 février 1774 Yamaska. Ils ont reçu en donation de Joseph Parenteau et Marie-Jeanne Georgeteau, le 9 septembre 1787, une terre d’un arpent et demi sur le côté ouest de la rivière Yamaska. En contrepartie ils devaient prendre en charge le couple donateur jusqu’à leur mort et payer à deux enfants mineurs, Agathe et Régis, leur part d’héritage. (Notaire A.Robin, ANQM)

2-Joseph : baptisé le 6 février 1754 à Yamaska. Contrat de mariage avec Marie-Rose Martin  le 27 janvier 1780 dans la maison des Martin où étaient réunies 22 personnes  (notaire A. Robin ANQM). Mariage religieux le 31 janvier 1780 à Yamaska. Il a reçu en donation le 27 janvier 1780 deux lots de terre sur le côté ouest de la rivière Yamaska (notaire A. Robin ANQM). Ce couple a une descendance dont le nom  est devenu Peronto au Wisconsin, par leur fils Régis marié à Marguerite Lepire le 14 juillet 1817 à Yamaska et par leur petit-fils Régis-Richard marié à Sophia Languedoc le 11 octobre 1846 à Green Bay, Wisconsin. Décédé le 1er février 1817 à Yamaska.

3-Pierre : né le 13 janvier 1755 à Yamaska. Marié avec Marie-Anne Martin le 30 janvier 1786 à Yamaska. Contrat de mariage le 27 janvier 1786 dans la maison des Martin où étaient réunies 30 personnes (notaire A. Robin ANQM). Le couple s’est établi sur le côté est de la rivière Yamaska. Leur terre fut donnée par la suite à leur fils Pierre marié  1° à Angélique Millet  le 13 janvier 1817 et 2° à  Angèle Cardin dit Loiseau le 8 octobre 1833. Ce dernier agrandit sa ferme en achetant une terre voisine de trois-quarts d’arpent le 23 septembre 1823 (notaire Chèvrefils, ANQM). Leur ferme était située au 22 rang du Grand-Chenal, à Yamaska. Décédé le 2 février 1817 à Yamaska. Environ 30% des Parenteau d’Amérique du Nord sont les descendants  de Pierre Parenteau et de Marie-Anne Martin.

4-Jean-Baptiste : appelé habituellement Jean, baptisé le 21 janvier 1757 à Yamaska. Marié avec Geneviève-Cécile Dumas le 11 février 1782 à Yamaska. Contrat de mariage le 7 février 1782  signé chez les Dumas où étaient réunies 36 personnes (notaire Robin ANQM). Établi sur le lot de terre correspondant de nos jours à l’adresse civique : 16 rang du Petit-Chenal, Yamaska. Il avait aussi une autre terre à Yamaska sur l’île du Domaine qu’il donna à son fils Michel qui a eu un fils Michel et ces deux Michel Parenteau, père et fils, ont témoigné à une enquête de police lors de la rébellion des patriotes de 1837-38 (voir plus haut). Un autre des petits-fils de Jean-Baptiste Parenteau, Pierre marié avec Marguerite Vadnais, a une descendance nombreuse dans l’État du Minnesota, portant le nom de Parranto : ce Pierre Parenteau s’est établi à Centerville au Minnesota près de St-Paul. Sa femme Marguerite Vadnais était une métisse. La descendance de Jean-Baptiste Parenteau est aussi très nombreuse au Québec. Environ 43% des Parenteau d’Amérique du Nord sont ses descendants. Il est décédé le 24 novembre 1827 à Yamaska.

5-François : né  le 21 septembre 1758 et baptisé le lendemain à Yamaska. Décédé à 23 ans après avoir reçu les derniers sacrements le 5 novembre 1781 et inhumé le surlendemain à Saint-Pierre de Sorel; l’acte de sépulture mentionne qu’il avait à peu près 20 ans et que ses deux frères Pierre et Joseph Parenteau furent présents à l’inhumation.

6-Marie-Agathe : née le 26 novembre 1760 et baptisée à Yamaska le 8 décembre 1760. Mariée avec Joseph Danis le 2 octobre 1780 à Yamaska. Décédée le 11 avril 1844 à Montréal à l’âge de 83 ans et inhumée le 13 avril suivant à Montréal;

7-Michel : né le 28 septembre 1762 et baptisé le 30 septembre suivant à Yamaska. Marié avec Isabelle Forcier le 20 février 1786 à Yamaska. Il a reçu en donation, devant le notaire Robin présent chez les Parenteau, le reste des biens que son père avait encore le 6 mai 1784, du fait que ses 8 frères et sœurs aient renoncé en partie à leurs parts (notaire Antoine Robin ANQM). Le 21 juillet 1810 il fit un testament devant le notaire Henry Crebassa qui s’est rendu chez lui car il était alité, souffrant d’une enflure au genou gauche. Il  profita de la présence du notaire pour donner à son fils appelé aussi Michel, deux terres dans la concession Sainte-Catherine.

8-François-Régis : appelé habituellement Régis, né le 13 octobre 1766 et baptisé le lendemain à Yamaska. Marié avec Angélique Valois le 26 janvier 1795 à Yamaska. Sa part d’héritage lui fut remise par sa sœur Marie-Josephte et son mari. Grand-père de l’hôtelier Pierre Parenteau du Manitoba.

9-Antoine : baptisé le 12 décembre 1767 à Yamaska. Présent à la donation des biens de ses parents le  6 mai 1784. Décédé le 22 mai 1786 à Yamaska, et inhumé le lendemain.