IV – Augustin Parenteau, fils de Pierre-Louis, 1ère branche

  Visiter aussi le site de la seigneurie   :   www.saint-francois-du-lac.com

Mis à jour 2017, le 18 octobre.

 


 IV

 

Augustin Parenteau (1719 – circa 1781)

1- Marguerite Guillaume Valentin dite Lafontaine 

2- Angélique Vanasse dite Bastien

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Troisième génération – Première branche

 

 

Augustin Parenteau était le quatrième des 12 enfants survivants et le deuxième des huit garçons de Pierre-Louis Parenteau et de Marguerite Saint-Laurent. Il est né en 1719 ou 1720 à Yamaska. L’acte de baptême ne figure dans aucun registre religieux ou civil. On aurait oublié de rédiger l’acte de son baptême probablement parce que la seigneurie d’Yamaska était desservie par un prêtre missionnaire qui n’y résidait pas encore. On sait qu’il a déclaré avoir 27 ans le 14 juillet 1747, journée de l’inventaire des biens de la succession de feu son père.

 

Augustin s’est rendu sur les Grands Lacs en canot

 

Le 25 mai 1741 à Montréal, Augustin Parenteau 21 ans, s’engagea devant le notaire C.-J. Porlier à aider à monter au lac Supérieur un canot de marchandises, à y passer l’hiver et en redescendre l’année suivante dans un canot chargé de peaux de fourrure.

« Par devant les Notaires Royals fut présent Augustin Parenteau habitant de Maska lequel a reconnu et confessé s’être alloué et engagé et par ces présentes s’engage au Sieur Maugras négociant en cette ville à ce présent et acceptant pour à sa première réquisition, partir de cette ville dans un canot chargé de marchandises, aider à le mener et conduire jusqu’au poste de l’Ouest ou ses dépendances et hiverner audit lieu et en redescendre l’année prochaine dans un canot chargé de pelletries, avoir soin pendant toute la route et étant audit lieu des canots, marchandises et pelletrie, vivres et ustensiles, chercher le profit dudit Sieur, éviter son dommage et l’en avertir s’il lui vient connaissance, obéir en tout ce qui lui sera commandé de licite et honnête par lui ou autre de sa part et enfin faire tout ce que peut et doit faire en bon et fidèle engagé voyageur sans pouvoir pendant ledit temps s’absenter ni quitter son service sous quelque prétexte que ce soit à peine de tous dépens dommage et intérêt, même de perdre ses gages. Cet engagement ainsi fait pour et moyennement la somme de deux cent quatre vingts livres que ledit Sieur acceptant a promis et promet bailler et payer audit engagé aussitôt son retour en cette ville et en outre une paire de mitasse et braquet et la moitié de sa chasse aussi à peine Etc car ainsi Etc promettant Etc obligeant Etc renonçant Etc, fait et passé audit Montréal Étude de Me Claude Porlier l’un des notaires soussignés l’an mil sept cent quarante et un Le vingt cinq mai avant-midi et a ledit Sieurs Maugras signé avec nous dit notaire et ledit engagé a déclaré ne savoir écrire ni signer de ce enquis lecture faite suivant l’ordonnance. Maugras C. Porlier notaire »

 

Premier mariage d’Augustin et établissement à Louiseville en 1742

 

Le salaire gagné avec ce voyage lui aurait permis de se marier dès son retour, vers l’âge de 22 ans, le 30 juillet 1742 à Louiseville (paroisse de Saint-Antoine de la rivière du Loup)  avec Marguerite Guillaume dite Lafontaine 18 ans, fille de Valentin Guillaume et de Marguerite Barabé. Le contrat de mariage fut signé au presbytère le même jour (notaire H.-O. Pressé ANQTR). Étaient présents du côté des Parenteau : les parents d’Augustin, son frère Pierre, ses sœurs Geneviève et Marguerite, et le seigneur d’Yamaska, Pierre Petit fils accompagné de son fils Jean. Dans ce contrat les parents de la mariée  «donnent en mariage à leur fille deux arpents de terre de front sur la profondeur qui se trouve entre les deux rivières du Loup, et après leur mort lui donnent les deux autres arpents qu’il s’est réservés sur la même terre de quatre arpents de front, pendant son vivant à raison que le futur époux le nourrira le reste de leurs jours en cas d’infirmité, et généralement après leur mort tout ce qu’il possède venu et à venir meubles et immeubles.» Cette terre de Louiseville se trouvait à 25 km d’Yamaska, sur la rive nord du lac Saint-Pierre. Elle est occupée de nos jours par l’avenue Saint-Augustin et par la cour des écoles primaires de l’avenue Saint-Jacques.

 

 Deuxième mariage d’Augustin Parenteau en 1751

 

Le jour de son premier mariage Augustin devint propriétaire de la moitié de la terre du beau-père tandis que l’autre moitié lui serait donnée au décès des beaux-parents. Qu’arriverait-il si l’épouse meurt en premier ?  Les beaux-parents donneraient-ils quand même l’autre moitié de terre à leur ex-gendre Parenteau qui se marierait en deuxièmes noces ?   De fait, la première épouse, Marguerite Guillaume, fut inhumée le 29 janvier 1749 après sept années de mariage et après avoir donné naissance à quatre enfants dont deux ont survécu, Joseph et Charles. Durant toutes ces années Augustin et sa première femme, leurs enfants et les beaux-parents logeaient dans la même maison. Mais Augustin se maria en deuxièmes noces après deux ans de veuvage le 15 février 1751 à Maskinongé avec Angélique Vanasse dite Bastien, fille de Sébastien Vanasse dit Bastien et de Suzanne Baron dite Lupien. Deux jours auparavant ils avaient passé un contrat de mariage devant le notaire Rigaud (ANQTR). Cette  nouvelle et seconde femme d’Augustin vint s’installer dans la maison où logeaient encore les ex-beaux-parents d’Augustin et où tout avait été mis en commun : il n’y avait pas de clôture entre la moitié de terre des ex-beaux-parents et l’autre moitié donnée en dot à Augustin à son premier mariage.Tout était en commun depuis le début du premier mariage: terres, grange, étable, cheval, génisse, brebis, dindes, cochons et volaille, blé, foin  etc.  

 

 

 

Louiseville. Carte James Murray en 1761. Fac-similé de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Louiseville. Carte James Murray format 1 (4 sections), en 1761. Fac-similé noir et blanc de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, rue Holt. L’original en couleur est conservé à William L. Clements Library, Université of Michigan, ville d’Ann Arbor, USA.

 

Louiseville, carte James Murray forme 2, année 1761, Bibliothèque et Archives Canada en ligne, item 99 jpg e010944374_20

Louiseville, carte James Murray format 44 planches A/300, année 1761, échelle 1 : 24, 000. Bibliothèque et Archives Canada en ligne, item 99 jpg e010944374_20

 

Louiseville : emplacement de la terre d'Augustin Parenteau.

Louiseville : emplacement de la terre d’Augustin Parenteau. Photo tirée de Google Earth.

 

 

L’année suivante, en 1752, son frère Joseph est venu se marier à Louiseville et y est revenu le 12 juillet 1754 pour un parrainage.

Augustin a aussi logé deux de ses jeunes frères en 1753 et 1764.

 

 

En 1752, un frère d’Augustin, Joseph, vint se marier à Louiseville avec une dénommée Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur. Le 29 janvier alors que la glace était bien prise sur le lac Saint-Pierre, Joseph arriva chez les Gerbeau où serait signé le contrat de mariage.  Il était accompagné de sa mère Marguerite Saint-Laurent, de ses frères Augustin, Pierre et François. S’étaient joints à eux Joseph Desrosiers, grand ami de la famille Parenteau et parrain du marié agissant comme père du marié, et le seigneur d’Yamaska, Pierre Petit fils. Neuf jours plus tard on célébra le mariage religieux : Joseph était accompagné des mêmes personnes en plus de sa sœur Agathe et de son mari Joseph Laferté.

Augustin aurait hébergé deux de ses jeunes frères pour un court laps de temps : Jacques, 19 ans, qui fut présent à la sépulture d’un enfant d’Augustin le 30 août 1753 et François-Marie, 33 ans, qui est dit loger à Louiseville le 26 mars 1764 sur l’acte de concession de sa terre du fief Thiersant à Yamaska (notaire Louis Pillard Bibliothèque et Archives nationales du Québec).

 

 

 

 Augustin Parenteau 

nommé maître du poste à relais de Louiseville en 1760

pour les porteurs de dépêches et des voyageurs munis d’ordres à cet effet

 

 

Canada-Est, 1848, Bibliothèque et Archives nationales Canada (BAnQ). - CopyCanada-Est, 1848, Bibliothèque et Archives nationales Canada.

 

« L’année 1737 marque la fin de la construction du « Chemin du Roy », le long du fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Montréal. Jean-Eustache de Lanoullier, grand voyer de la colonie, à partir de 1731, donne l’élan définitif à un projet qui n’a progressé que très lentement depuis 1706. Cela permet de faciliter les communications entre les deux principales villes du Canada et d’acheminer le courrier régulièrement.

En 1760, la Nouvelle-France tombe aux mains des Anglais. Jusqu’au Traité de Paris de 1763, le Canada est administré par un régime militaire britannique et le courrier civil ne peut pas circuler normalement pendant cette période transitoire. »

Extrait de : Ripaux, Alain, art. Les Postes canadiennes de la Nouvelle-France à nos jours, dans Bulletin Mémoires vives, no 23, décembre 2007.

Il existait, le long du « Chemin du Roy » à la fin du régime français, des postes de relais pour les voyageurs en vue de leur fournir le gîte, des voitures, des chevaux et de la nourriture ainsi qu’un service de bacs pour traverser les cours d’eau. Sous l’autorité d’un « maître de poste », ces relais étaient aménagés pour recevoir des lettres et de l’argent en attendant d’avoir un véritable système postal. Augustin Parenteau fut un « maître de postes » de cette époque, d’abord maître de postes à relais pour le transport des courriers des dépêches gouvernementales ainsi que des voyageurs, puis à partir de 1763 il fut aussi responsable de fournir des chevaux de selle à l’employé chargé de livrer les lettres du courrier civil que la Malle contenait.

 

 

Harnessig Up by Cornelius Krieghoff. Pinterest. Usage à but éducatif non lucratif ni commercial.Harnessing Up by Cornelius Krieghoff. Pinterest. Usage à but éducatif non lucratif ni commercial.

 

 

 

Le document original de 1760 qui révèle la fonction d’Augustin Parenteau comme maître du poste à relais de Louiseville

 

Parmi les vieux documents originaux donnés en 1993 aux Archives du Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières par François Labarre, fils d’une dame Parenteau de St-Grégoire (Ville de Bécancour) et descendant d’Augustin Parenteau, il y a un décret dans lequel Augustin Parenteau est nommé ou confirmé maître de poste (à relais) à Louiseville, anciennement la seigneurie de la Rivière du Loup (en haut), paroisse Saint-Antoine.  Il semble qu’il assurait déjà le transport des voyageurs entre Yamachiche et Maskinongé sous le régime français et que le décret de Bruyère ci-dessous n’aurait fait que confirmer sa tâche en y ajoutant le volet du courrier. Une partie du document manque mais ont peut lire ce qui suit sur le reste de ce décret.

 

 

Augustin Parenteau  nommé maître d’un poste à relais selon un document abîmé ayant été conservé par ses descendants jusqu’à récemment : «… & qu’il était muni des chevaux et voitures nécessaires, Nous établissons ledit Parenteau en qualité de Maître de poste de ladite paroisse de la Rivière du Loup, où il sera tenu de fournir aux courriers et voyageurs* munis de nos ordres à et effet les chevaux et voitures dont ils auront besoin pour les mener en diligence au plus prochain maître de poste par nous établi pour le même effet……. Ledit Parenteau en cas de besoins se faire assister par une ou deux personnes dont il déclarera les noms au capitaine de milice de la paroisse afin de les lui faire connaître comme assistants, Par son excellence, J.Bruyère* »

(Archives du Séminaire de Trois-Rivières, cote 0601-21). Comme le document est abîmé, on ne peut y lire la date mais l’on sait qu’il est daté de l’automne 1760, dans les deux mois qui ont suivi la conquête. 

NOTE. Voyageurs : ceux qui sont autorisés par une permission émise, à titre d’exemple, par l’administration du gouvernement des Trois-Rivières pour passer du gouvernement des Trois-Rivières à celui de Québec ou à celui de Montréal; il leur fallait une permission ou un laisser-passer tels qu’émis par les gouverneurs des trois régions administratives indépendantes, soit celle de Montréal, celle des Trois-Rivières et celle de Québec.

 

 

 

La diligence de Tarascon, toile de Van Gogh. http://www.picturalissime.com/van_gogh_diligence_tarascon.htm

 

*John (Jean Joseph) Bruyères (Bruyère) était un officier de l’armée britannique et parlait bien le français. Il fut le secrétaire de Burton, premier gouverneur britannique de Trois-Rivières (et sa région administrative) de l’automne 1760 à mars 1763. Sa sœur était la maîtresse de ce gouverneur Burton. C’est lui qui a rédigé la nomination ou reconduction d’Augustin Parenteau au titre de maître de poste de la Rivière du Loup (Louiseville). À chaque segment d’environ 15 kilomètres, s’il y avait au moins un embryon de village, il y avait un poste de relais, soit une maison tenue par un maître de poste (à relais) nommé par l’administration gouvernementale. Tout relais avait son maître de poste. Augustin Parenteau exerçait cette fonction de maître de poste sous le régime français et fut reconduit dans cette fonction par le gouverneur Burton, lequel gouverneur avait confié la rédaction de cette confirmation de sa nomination à son secrétaire Bruyère.

Dans sa fonction confirmée par Bruyère, le maître de poste Augustin Parenteau menait en diligence les courriers et les voyageurs* munis à cet effet par le gouvernement jusqu’au poste suivant, soit de Louiseville à Yamachiche pour des voyageurs en route pour Québec et de Louiseville à Maskinongé pour des voyageurs en route pour Montréal. Sa fonction se limitait à ces deux segments du Chemin du Roy de la rive nord. * NOTE. Voyageurs : ceux qui ont obtenu des permis  les autorisant à passer du territoire du gouvernement des Trois-Rivières au territoire des gouvernements voisins (Montréal et Québec).

 

 

Le chemin du roi qu’empruntait la diligence du maître de poste à relais Augustin Parenteau était situé sur un escarpement pour éviter d’être inondé au printemps

 

« ,,, entre Berthier et Maskinongé, on commence à circuler au pied d’un escarpement plus élevé, en retrait dans les terres, sur une terrasse, vestige de l’ancien rivage du Saint-Laurent, plutôt que le long du fleuve. Le rang York est ainsi choisi pour remplacer le chemin du « bord de l’eau ». On empruntait le même « chemin plus haut », utilisé pour les mêmes raisons entre Yamachiche et Rivière-du-Loup-en-Haut (la future Louiseville) et Maskinongé, pour éviter la plaine inondable. Le tracé touristique actuel du chemin du Roy quitte d’ailleurs la route 138 pour suivre cette voie « protégée ».  Source www.ameriquefrancaise.org,  article Le chemin du Roy, entre Québec et Montréal.

 

 

Le maître de poste n’était pas chargé de l’entretien du chemin du roy

 

L’entretien du chemin du roi qu’empruntait la diligence du maître de poste Augustin Parenteau relevait du capitaine de milice de la paroisse St-Antoine de Louisville (Rivière-du-Loup en haut). Le gouverneur des Trois-Rivières a émis quelques ordonnances à l’attention de ce capitaine de milice à propos de cet entretien : faire des repères sur ce chemin lorsqu’il est enneigé, établir sa largeur et le refaire à neuf. 

Carte James Murray, 1761, en 44 planches, détail de : item 99 jpg e010944374_20, Bibliothèque et Archives Canada. Le chemin qu’empruntait le maître de postes sur des terres plus élevées, non inondables. Cliquer sur l’image.

 

 

 

Texte intégral de la nomination des maîtres de postes en 1760. Le secrétaire du gouverneur, Bruyères, n’avait qu’à ajouter le nom du titulaire et celui de la paroisse.

 

(En souligné et en bleu : la partie qui a pu être conservée par les descendants d’Augustin Parenteau). Extrait de Mémoire de la Société historique de Montréal – Régime militaire en Canada ou Administration militaire de ce pays par les Anglais du 8 septembre 1760, au 10 août 1764, Presses à vapeur de La Minerve, Montréal, 1872, pages 168 et 169.

 

« RALPH BURTON, Écuyer, Colonel d’infanterie, Gouverneur des Trois-Rivières et de ses dépendances
Le Bien du service et la Communauté du publique requérant qu’une Communication facile et prompte soit maintenue dans les differens gouvernemens du Canada, NOUS avons à Cet effet resolu d’etablir des postes de distance en distance dans L’étandue de notre Gouvernement des Trois-Rivieres, pour le passage des Couriers et Voyageurs. Ayant appris que le nommé ………. de la paroisse de ………. Avait déjà exercé cet office sous la domination française, et qu’il Etoit muni des chevaux et voitures necessaires, NOUS Etablissons Le dit ………. En qualité de Maître de poste de la dite paroisse de ………. ou il sera tenu de fournir aux couriers et voyageurs, munis de nos ordres à cet effet, les chevaux ou voitures dont ils auront besoin pour les mener en diligence au plus prochain Maître de poste par Nous Etabli pour le même effet Pourra le dit ………, en cas de besoin, se faire assister par une ou deux personnes dont il déclarera les noms au Capitaine de milice de la dite Paroisse, afin de les luy faire connoître comme assistans, et qu’il juge de leur capacité et nous envoyer les noms. Sera le dit maître de Poste paié pour tous Couriers et voyageurs à raison du prix déjà fixé par Son Excellence le General Amherst, et deffendons à tous les habitans du dit lieu, excepté les assistans par luy nommés et enregistrés comme tels, de mener qui que ce soit en poste, à peine d’amende arbitraire et de Dedommager le dit ………. du tort qui lui seroit fait en le privant de la dite poste Etablie chez lui

Aux Trois-Rivières, ce ……… 1760

Burton »

 

 

À l’automne 1760 Augustin Parenteau a reçu une lettre du secrétaire du gouverneur, Bruyère, l’avisant qu’il recevrait une attestation écrite de sa fonction de maître du poste à relais de Louiseville et lui donnant des directives sur le processus à suivre pour être payé.  Lettre datée du 27 octobre 1760.

« Aux maîtres de postes, depuis Cette ville jusqu’au Chenal du Nord*, pour le payement des Couriers royaux a eux envoyés par Houle
Monsieur,
Le Sr Houle de Machiche**, est chargé de vous remettre un Brevêt comme maître de poste dans votre paroisse, il est défendu à qui que ce soit d’oser intervenir à votre occupation, à moins que vous ne les nommiés pour vous assister. Vous recevrés aussy un espece de Rolle sur lequel vous enregisterés les Couriers qui passent, en suivant les Colonnes marquées; Cela n’empêchera pas que vous ne gardiés leurs nottes, et une fois par mois vous L’apporterés au Gouvernement, et vous serés payé pour les Couriers du Roy bien attendu que vous vous ferés payer par les autres à mesure qu’ils passent » Etc Etc Etc
* Chenal du Nord :  à Masquinongé, St-Barthélemy et Berthier, chenal le plus au nord dans les îles de Sorel.
** Machiche : Yamachiche.

 

 

En 1763 Augustin Parenteau, en tant que maître de poste, fut chargé de fournir des chevaux de selle pour le transport ordinaire de la Malle* contenant les lettres du courrier civil.

 

« Ordre circulair a tous les maîtres de postes pour le prix des postes du Courier portant la Malle*
Par Son Excellence Ralph burton, Écuyer, Etc Etc Etc
Comme Sa Majesté a jugé à propos, pour l’avantage du commerce, d’etablir un Bureau de poste en Canada, sous la direction du Sr. Finlay, residant à Québec, et que pour la commodité du public il y a un bureau detaché par le Sieur, ouvert en la ville des trois Rivieres. Ordonnons a tous les maîtres de postes de ce gouvernement sur la route de Quebec, de fournir au Sr. Finlay, ou a celui qu’il pourra commettre a cet effet, les chevaux de selle dont il aura besoin pour porter la Malle* contenant les lettres, a raison d’un demy Schelling par Lieue, argent de Quebec, tant en allant qu’en revenant de Quebec, toutes les fois qu’ils en seront requis. Ordonnons aussi aux passagers des Rivières de ce Gouvernement de luy donner, ou au porteur de lettres de passage dans les Bacs, Batteaux ou Canots qu’ils ont sur les rivières, sans rien exiger, et ce sans delay ou retardement, sous peine de punition a ceux qui seroient convaincus d’y contrevenir_
Donné aux trois Rivieres, le 23e octobre 1763
Ralph Burton
Et plus bas, Par son excellence, J. Bruyères.»

(Extrait de

Le même ordre a été donné dans le gouvernement de Montréal.

(Extrait de Extrait de Mémoire de la Société historique de Montréal – Régime militaire en Canada ou Administration militaire de ce pays par les Anglais du 8 septembre 1760, au 10 août 1764, Presses à vapeur de La Minerve, Montréal, 1872, page 267.

  • D’où les expressions toujours courantes : J’ai reçu de la malle (des lettres ou du courrier), Je l’ai reçu par la malle, La malle est-elle passée ? Maller une lettre ou mettre une lettre dans la malleetc 

 

L’Écossais Daniel Forbes a pris la succession d’Augustin Parenteau comme maître de poste et sans doute aussi comme maître du Bureau de la poste vers 1770 après avoir acheté une partie de la terre d’Augustin le 11 mars 1769 (notaire Saillant BAnQ) ainsi que la moitié de celle du rang du Petit-Bois. Ce Forbes avait fait partie du régiment Fraser’s Highlanders avec l’Écossais MacGregor qui fut le domestique d’Augustin Parenteau après 1761 (voir aussi www.clanfraser.ca/muster.htm). L’Almanach de Québec pour l’année 1781 donne comme « officier du Bureau de la Poste » un nommé Forbes (Bibliothèque et Archives nationales du Québec en ligne, dans Collections).

 

On lit dans Histoire de Louiseville par Germain Lesage :

 

« Dès 1763, un service postal est organisé par Benjamin Franklin, le maître général dans les colonies anglaises. L’Écossais Hugh Finlay est chargé du système pour tout le Canada; gardant lui-même le bureau local de Québec il nomme John Thompson à Montréal et Aaron Hart à Trois-Rivières … L’organisation, sommaire au début, prend peu à peu de la consistance; les cavaliers sont remplacés par des calèches ou carrioles voyageant régulièrement, avec conducteurs et chevaux de relais; les voitures n’apportent pas seulement les lettres mais elles prennent aussi, selon un tarif fixé par le gouvernement, tous les voyageurs qui se présentent. Dans chaque localité importante l’on désigne un maître de poste qui doit avoir une bonne conduite et observer les règlements officiels; il a le droit exclusif de transporter les passants qui ne circulent pas dans leur propre véhicule … Chaque «postillon» doit avoir à sa disposition plusieurs voitures et de nombreux chevaux toujours prêts à partir, pour ne pas retarder le trajet rendu long et fatiguant par la précarité des chemins et la traversée des grands cours d’eau, telle la rivière du Loup (Louiseville), où il n’y a pas encore de pont.» (Germain Lesage, Histoire de Louiseville, p.102).

Hugh Finlay a vécu à Québec en 1761-1762 avant de devenir l’artisan d’un système postal canadien. Il apprit le français et le maîtrisait très bien. Il sut s’attirer la coopération des maîtres de poste à relais en confirmant leur rôle dans le transport des voyageurs et en y ajoutant un rôle à jouer dans le transport du courrier sur le Chemin du Roy entre Québec et Montréal sur la rive nord du fleuve.

 

Mieux vaut un mauvais compromis qu’un bon procès en 1761

 

La discorde s’installa dans la maison en 1761, dix ans après le deuxième mariage d’Augustin. Leur litige se rendit en cour. Le juge somma les deux parties d’en arriver à un accord. Augustin tenait à maintenir la mise en commun de tout ce qui était sur la ferme et offrit à l’ex-beau-père de lui payer une pension. L’ex-beau-père refusa la pension en argent et voulut plutôt que tous les produits (les récoltes) de la ferme soient séparés en deux, la terre et le reste. Il exigea aussi que la maison fût divisée en deux parties pendant un an, après quoi Augustin avec sa famille devrait  emménager dans une autre maison à bâtir sur sa moitié de terre. Finalement les deux parties firent divers calculs sur la répartition des moissons etc. Augustin devait se loger dans sa nouvelle maison avant la mi-mai 1762, c’est-à-dire neuf mois plus tard (Notaire Louis Pillard 7 octobre 1761 ANQTR).  Un engagement définitif d’Augustin envers son ex-beau-père fut déposé à la cour de la milice de Louiseville le 2 août 1762 : Augustin lui livrerait comme pension tout ce qui y est exigé soit 30 cordes de bois chaque année, une vache du printemps à l’automne, des bas, des souliers, du tabac, des vêtements, des chandelles etc. Augustin devait aussi apprêter la maison de l’ex-beau-père pour l’hiver qui venait (ASTR 0601-07). Augustin occupait la moitié nord de la terre et demeurait toujours l’héritier de la moitié sud de la terre de l’ex-beau-père.

 

 

Augustin ne se laisse pas traiter de sot ni sa femme de salope.

En 1764 il était toujours maître de poste

 

Le 3 juillet 1764, Juridiction royale de Trois-Rivières : cause entre Augustin Parenteau, identifié comme maître de poste de la rivière du Loup (Louiseville), demandeur d’une part, et Dominique Létourneau aussi de Louiseville d’autre part, laquelle cause étant relative à la demande de réparation d’Augustin Parenteau quant aux injures proférées par Létourneau envers lui et sa femme : foutu bougre de sot et foutue bougresse de salope. Létourneau fut condamné à trois livres d’amende ainsi qu’au paiement des frais et dépens (ANQ cote TL542, P33).

 

Augustin avait engagé un Écossais : Gregor MacGregor

 

 

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Après la chute de la ville de Québec aux mains des Britanniques, survenue le 13 septembre 1759, et la signature de la capitulation de Montréal le 8 septembre 1760, Augustin Parenteau prit à son service un domestique. Au recensement de 1761, il est écrit qu’Augustin Parenteau avait un domestique mâle : «Augustin Parenteau, 1 femme, 5 garçons, 2 filles, 1 domestique mâle, une maison» (RAPQ 1946-47, p.14). Les cinq garçons d’Augustin de ce recensement étaient Joseph 17 ans, Charles 15 ans, tous deux nés du premier mariage de leur père, et les trois autres du second mariage : Amable 8 ans, Alexis 7 ans et Gervais 6 ans. Les deux filles étaient Marie-Angélique 1 an et Marie-Anne nourrisson. Quant au domestique mâle, il s’agissait de Gregor MacGregor.

 

Un McDonald dans la seigneurie Rivière St-François !

 

Des troupes britanniques étaient cantonnées entre autres dans la paroisse de Saint-François-du-Lac où on retrouvait en 1762 les noms de quelques soldats écossais et catholiques qui y firent baptiser leurs enfants, tels que les Donald McDonald, les McNaughton, les McHandy et les Gordon. Le domestique mâle au service d’Augustin, Gregor MacGregor, était un ancien soldat écossais et catholique des troupes britanniques appartenant au régiment écossais Fraser’s Highlanders. Il participa à la prise de Louisbourg en 1758, puis à la bataille des Plaines d’Abraham à Québec le 13 septembre 1759 et à celle de Sainte-Foy en 1760 (www.clanfraser.ca/muster.htm).

 

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En cour, l’ex-beau-père réclame d’Augustin sa vache tous les printemps en 1764

 

Non encore satisfait en 1764, le 15 mai, l’ex-beau-père se présenta en cour contre son ancien gendre Augustin : cause entre Pierre Bergeron, répondant de la pension de Valentin Guillaume, et Augustin Parenteau alors maître de postes à Louiseville, laquelle cause était relative à une vache qu’Augustin Parenteau devait  livrer à son ex-beau-père Valentin Guillaume chaque printemps, la reprenant chaque automne; il fut entendu avec le consentement des parties qu’Augustin livrerait la vache le 22 mai suivant et qu’il la reprendrait au milieu de l’automne de chaque année; Valentin Guillaume, l’ex-beau-père, fut condamné aux frais et dépens (ANQ cote TL542,P21).

 

Augustin tient tête et gagne en cour contre l’ex-beau-père en 1766

 

En 1766 le 14 juin, Joseph le fils aîné d’Augustin, 22 ans et vivant à Lavaltrie, régla avec son père la part d’héritage qui lui revenait de la communauté de biens ayant existé entre son père et sa défunte mère Marguerite Guillaume. Augustin lui donna la somme de 400 livres (notaire Dielle ANQTR). L’autre fils du premier mariage était Charles décédé à 16 ans en 1762 : il eut une sépulture commune avec un dénommé Louis, Autochtone âgé aussi de 16 ans, le 28 mars 1762 à Louiseville.

Encore en 1766, le 23 juin, les anciens beaux-parents d’Augustin cédèrent la somme de 1000 livres comptant aux Dames Ursulines de Trois-Rivières, seigneuresses de Louiseville à condition que celles-ci leur versassent une pension viagère de 50 livres par année jusqu’à la fin de leurs jours. L’ex-belle-mère d’Augustin était la fille du bedeau de la paroisse Sainte-Croix-de-Lotbinière et elle avait deux cousines religieuses converses chez les Ursulines de Trois-Rivières (Jetté p.44).  Elle est décédée deux mois et demi plus tard, le 9 septembre 1766 et fut inhumée le lendemain à Louiseville, munie des sacrements. Mais l’ex-beau-père exigea qu’Augustin lui fournît quand même sa pension en nature en double encore une année comme si l’ex-belle-mère était encore vivante.  Malgré les assignations des huissiers et une décision du juge James Cuthbert de Berthier datée du 20 décembre 1766 et l’obligeant à payer la pleine pension encore une année, Augustin refusa de se soumettre (ASTR cote 0601-10) : il porta l’affaire à la cour du district de Montréal qui lui donna finalement raison le 11 avril 1768 : la pension aurait dû être réduite de moitié dès le décès de l’ex-belle-mère (ASTR Cote 0601-11). L’ex-beau-père Valentin Guillaume vécut encore quinze ans et fut enterré à 93 ans le 23 octobre 1783. L’acte de sépulture mentionne à tort qu’il était âgé de 109 ans !

 

 Attachement et reconnaissance envers Gregor MacGregor en 1766

 

En la maison du chirurgien Jean Carle, Augustin Parenteau fut présent à la vente par Gregor MacGregor à Jean Desjarlais d’une terre que MacGregor avait achetée de Joseph Saucier devant le même notaire le 11 novembre 1765.  À la fin 1766, le 9 décembre, Augustin Parenteau et sa femme étaient chez le notaire Dielle de Trois-Rivières pour démontrer à leur engagé MacGregor leur satisfaction et leur amitié. Ils lui ont cédé une partie de la terre de leur ferme, soit un arpent de front et allant en profondeur de la grande rivière du Loup à la petite rivière du Loup (aujourd’hui  l’emplacement des écoles primaires de Louiseville entre les avenues Saint-Jacques et Saint-Martin).  Ils lui ont donné aussi la moitié d’une terre de trois arpents de front  sur vingt de profondeur dans le rang du Petit-Bois. Dans cette donation notariée le nom et le prénom de MacGregor furent francisés : «Grégoire Mac Grégoire, Écossais, résidant à la Rivière du Loup … La présente donation ainsi faite pour récompenser des bons services que ledit donataire a rendus et rend tous les jours audits donateurs et pour la bonne amitié qu’ils lui portent…».  MacGregor  aurait renoncé à ces deux terres et les aurait données à l’Écossais John Chisholm qu’Augustin connaissait bien. Le 28 février 1774 Chisholm en a fait donation à Daniel Forbes, successeur d’Augustin comme maître de poste (notaire Badeaux  12 octobre 1805 ANQTR).

Quelques années plus tard MacGregor vivait à Détroit, marié avec une dénommée Suzanne Robert. Il y travaillait comme trafiquant de peaux de fourrure  (DBC, vol. IV,  p.547). Il y a sans doute rencontré un neveu d’Augustin Parenteau, Pierre Tessier, fils de Geneviève Parenteau et de Pierre Tessier d’Yamaska.  Ce neveu d’Augustin s’est marié avec Barbara Magdeleine McDonald le 31 octobre 1790 à Détroit.

En 1769, le curé de Louiseville (paroisse Saint-Antoine de la rivière du Loup), l’abbé Médard Pétrimoulx en fonction depuis 1754, fut nommé curé de la paroisse de Chambly et demeura à ce poste de 1769 à 1777. Son frère y était notaire. Le déménagement prochain de la famille Parenteau de Louiseville pour Chambly  était-il en lien avec la nomination de l’abbé Pétrimoulx ? C’est en 1769, le 11 mars, qu’Augustin se départit de ses propriétés de Louiseville : la ferme de 4 arpents sur 18 située sur l’emplacement des écoles primaires actuelles et la moitié d’une terre située  dans le rang du Petit-Bois. Il s’est rendu à Québec pour cette vente chez l’acquéreur, l’Écossais Daniel Forbes (son successeur comme maître de poste vers 1773) qui résidait chez John Chisholm, «marchand brasseur de bière», rue du Cul-de-Sac, à deux pas de la rue Petit-Champlain (notaire Saillant ANQQ). Augustin Parenteau se serait gardé un emplacement qu’il louerait en 1774 à l’Écossais John Campbell. Il semble qu’Augustin ait engagé quelques Écossais «Highlanders» dont MacGregor. La terre d’Augustin fut revendue en plusieurs lots après 1800 par la succession de feu Daniel Forbes (notaire Badeaux 12 octobre 1805 ANQTR).

 

 

Tartan des MacGregor

Tartan des MacGregor

 

 

Un certificat médical de 1770

 

Le 29 janvier 1770  un fils d’Augustin est allé chercher le docteur Jean Carles* pour faire soigner sa sœur âgée de 10 ans, Angélique. Trois jours plus tard l’enfant était décédée et fut inhumée le même jour. Le médecin émit un certificat médical daté du premier février 1770 et écrit au son dans un français lamentable pour l’époque. Ce certificat médical fait partie des documents donnés en 1993 aux archives du Séminaire de Trois-Rivières par un descendant d’Augustin Parenteau :

« Moie Jean Carle* chirurgien je certifi le 29 janvier 1770 le matin assure que le fi du Sieur Augustin Paranto me venus chemoie pour aler voier sa mère (en fait sa sœur) je me sui transporté laiant trouvé sans feuiève mè avec un grande opresions sur le tomas (l’estomac) me ayant regardé je ne pas trouvé aucun murtrisure mè étans sufoqué d’une opresion considérable je et(é) oblige delovir (d’ouvrir) la vene de la senie (saigner) pour lanpeché de randre le sans car elle et (était)si opresé quell crachet du sans boucoup et par intervale je certifie doné le presans certifiquat véritable fet à la rivière du Loup le premier février 1770, Jean Carle chirurgien ».0601-16). (ASTR cote 0601-16).

*Jean Carles dit Lalancette : originaire le la Gascogne en France. Il a d’abord pratiqué sa profession à Chambly puis à la Rivière du Loup (Louiseville) vers 1765. Marcel J. Rheault, La médecine en Nouvelle-France: les chirurgiens de Montréal, page 152.

 

 

Où donc est mort Augustin Parenteau entre 1780 et 1782 ?

 

On ne connaît pas la date ni le lieu de l’inhumation d’Augustin Parenteau et on ne sait pas si l’établissement ou le déménagement de sa famille à Chambly (Saint-Mathias-de-Rouville, Pointe-Olivier) est en lien avec le besoin de main d’œuvre pour la réfection du fort de Chambly à cause de la guerre d’indépendance des colonies anglaises et l’imminence de l’invasion américaine. Son fils Amable s’est établi à Chambly au début des années 1770. Le 13 décembre 1772 un fils d’Augustin, Alexis, y décéda à dix-sept ans. En 1774 le 13 décembre à Louiseville, Augustin signa une convention de bail par laquelle il s’obligeait à donner trois jours par année à un Écossais dénommé John Campbell (ASTR cote 0601-19) qui devait avertir Parenteau deux mois d’avance avant certains travaux du printemps non précisés dans le document et en cas de vente de la propriété.  En 1779 le premier février à Montréal, sa femme fut présente au mariage de leur fils Amable, de Chambly. Le 10 janvier 1780 à Chambly Augustin assiste au mariage de son neveu Jacques Tessier, fils de sa sœur Marguerite Parenteau et de Pierre Tessier d’Yamaska. Le 23 suivant à Chambly, Augustin fut parrain au baptême de son petit-fils Amable, fils d’Amable : ce fut la dernière mention d’Augustin Parenteau comme vivant. Le 20 janvier 1783 dans l’acte religieux du mariage de sa fille Catherine à Chambly, il est mentionné comme décédé. Augustin est donc décédé après le 23 janvier 1780 et avant le 20 janvier 1783 probablement à Chambly ou vis-à-vis, de l’autre côté de la rivière Richelieu, à Saint-Mathias-de-Rouville, Pointe-Olivier, où vivaient sa femme et leurs deux filles chez leur fils Amable.

Environ 11% des Parenteau mariés en Amérique du Nord sont ses descendants. Augustin fut un personnage public important de Louiseville comme maître de poste, gérant plusieurs employés et entretenant plusieurs carrioles et leurs chevaux. Il eut à voir au bon entretien du chemin du roi. Il fit preuve de patience envers un premier beau-père devenu exigeant dans ses vieux jours.

 
 
Bartlett, W.H., Fort Chambly et Mont Saint-Hilaire

Bartlett, W.H., Fort Chambly et Mont Saint-Hilaire

 
 
 

Gervais Parenteau, fils d’Augustin, s’établit à Saint-Grégoire de Nicolet vers 1780

Première branche – Quatrième génération

 

Gervais Parenteau, fils d’Augustin Parenteau et de sa deuxième femme, Angélique Vanasse dite Bastien, est le cofondateur, avec son père Augustin, de la quatrième branche des Parenteau. Il est né le 27 décembre 1755 à Louiseville. Il se fit concéder le 11 mai 1778, devant le notaire Jean-Baptiste Badeaux, une première terre à Saint-Grégoire-le-Grand (Ville de Bécancour) dans le fief Roquetaillade (ou Roctaillade), terre dont l’emplacement correspond approximativement au 20,000 boulevard des Acadiens, Saint-Grégoire-le-Grand, Ville de Bécancour. Gervais vendit cette première terre le 23 octobre 1780 devant le même notaire  après y avoir fait  9 ou 10 arpents d’abattis : prix de vente : 360 livres de 20 sols. 

Gervais a d’abord vécu au petit village Godefroy (Saint-Grégoire-le-Grand). Il acheta une terre, devant le même notaire, au prix de 540 livres dont 368 comptant le 7 mars 1781, terre située à Saint-Grégoire dans le fief Godefroy, au 16,470 boulevard des Acadiens, à l’est de l’autoroute 55. À ce prix-là il y avait sans doute plusieurs arpents déjà déboisés. C’est sur cette terre qu’il s’installa définitivement. De nos jours (en 2017) une maison carrée au toit plat bâtie en 1911 a remplacé la maison en pierre des champs que Gervais Parenteau y avait fait bâtir en 1812 et dont les fondations en pierre sont toujours sous la maison actuelle. Une grange-étable en grosses pièces de bois, de l’époque de Gervais Parenteau, étaient toujours en bon état en 1990.

 

Terre de Gervais Parenteau, fils d'Augustin, à Saint-Grégoire, Ville de Bécancour, en face de Trois-Rivières.

Emplacement de la terre de Gervais Parenteau, fils d’Augustin, à Saint-Grégoire, Ville de Bécancour, en face de Trois-Rivières. Cliquer sur l’image.

 

 

Gervais Parenteau, fils d’Augustin, se marie à 30 ans en 1786

 

Cinq ans après l’achat de cette dernière terre, Gervais Parenteau signa à 30 ans un contrat de mariage avec Marie Desrosiers dite Dargis, 23 ans, de Bécancour, le 3 novembre 1786 (notaire J.-B. Badeaux ANQTR). Elle était née le 7 octobre 1763 à Trois-Rivières et fut baptisée le même jour. Elle était la fille de Joseph Desrosiers dit Dargis et de Marie-Anne Pinel-Bellefeuille. Ils  se marièrent  le 13 novembre 1786 à Trois-Rivières et s’installèrent dans leur première maison qui était en bois sur la terre acquise le 7 mars 1781. La femme de Gervais bénéficia en 1788 d’un héritage estimé à 105 livres. Onze enfants sont issus de leur union dont trois sont morts en bas âge.

 

Gervais a des descendants du nom de Parenteau par trois de ses fils

 

Trois des fils ont eu une descendance mâle et ont transmis le patronyme Parenteau jusqu’à nos jours: 1 – Jean-Baptiste marié à  Élizabeth Pagé le 30 janvier 1815 à Louiseville, 2 – Michel marié à Josette Béliveau le 10 août 1818 à Saint-Grégoire et 3 –  Antoine marié à Émilie Vigneau le 12 février 1827 à Saint-Grégoire.

 

Gervais occupé par la construction de bâtiments

 

Le 10 mars 1797 Gervais Parenteau passa un marché avec les Hart, négociants juifs de Trois-Rivières, pour leur fournir le bois nécessaire à la construction d’un hangar attenant à leur brasserie entre le fleuve et le couvent des Ursulines. 

 

Gervais a reçu la visite de sa sœur Marie-Anne résidant près de Chambly

 

En 1803 le 14 septembre, à 47 ans, il régla avec sœur Marie-Anne, âgée de 42 ans et résidente de Pointe-Olivier (Saint-Mathias-de-Rouville, en face de Chambly), les derniers détails de la succession de leur défunte mère. Cette sœur était mariée avec Lawrence Flürher, soldat allemand démobilisé qui avait fait partie des armées allemandes louées par l’Angleterre lors de la guerre d’indépendance des États-Unis et cantonnées au Québec (plusieurs d’entre eux se sont établis au Québec).  Partie de Pointe-Olivier, sa sœur était venue à St-Grégoire-le-Grand pour lui demander de renoncer à sa part d’héritage étant donné qu’elle avait eu la garde de leur mère, ce que Gervais accepta (notaire E. Ranvoyzé, BAnQ).  Le 17 août 1811 Gervais Parenteau fit engager son fils Jean-Baptiste comme apprenti menuisier chez le maître menuisier Charles Charest de Saint-Grégoire. L’apprentissage devait durer quatre ans (notaire E. Ranvoyzé, BAnQ). Un autre fils, Antoine, est devenu menuisier.

 

Gervais se fait construire une maison en pierre en 1812

 

La même année, le 16 novembre 1811 (notaire N.-B. Doucet ANQM), il signa un marché de construction avec le maître maçon Thomas Doyon dit Moreau pour la construction de sa maison en pierres des champs, laquelle fut démolie en 1911. Prix chargé par l’entrepreneur : 850 livres dont un montant de 18 piastres d’Espagne payable dans le cours de l’été et la balance de 742 livres de 20 sols en quatre versements de 185 livres et 2 sols le premier juin des quatre années suivantes. Une piastre d’Espagne valait 6 livres et une livre était divisible en 20 sols. Gervais Parenteau devait fournir la pierre, les échafaudages et les manœuvres. Les murs des pignons à l’étage seraient en bois.  La construction débuta en juin 1812. Cette maison mesurait 30 pieds par 30 pieds à l’intérieur.

 

Testament et donation de Gervais Parenteau et sa femme en 1816

 

Le 5 novembre 1816 Gervais Parenteau et sa femme firent leur testament et firent donation de leurs biens meubles et immeubles à deux de leurs fils, Michel et Jean-Baptiste (notaire Joseph Badeaux, ANQTR). Le testament prévoyait entre autres la part des autres enfants. Michel a obtenu la partie de la terre où était la maison en pierre et Jean-Baptiste l’autre partie avec la maison en bois. Par la suite ses fils Jean-Baptiste et Antoine, tous deux menuisiers, obtinrent plusieurs contrats de construction de maisons et d’entrepôts à Saint-Grégoire et à Trois-Rivières.

 

Gervais Parenteau meurt à 81 ans en 1837

 

La femme de Gervais Parenteau, Marie Dargis, fut inhumée le 23 mai 1831 à Saint-Grégoire-le-Grand à l’âge de 67 ans. Gervais fit un dernier testament devant le notaire J.-B. Vincent le 7 mars 1833 (BAnQ). Il demeurait alors chez son fils Michel dans la maison en pierre des champs. Il nomma son fils Antoine exécuteur testamentaire. Il décéda quatre ans plus tard à 81 ans le 6 mai 1837, quelques mois avant la rébellion de 1837-38. Il fut inhumé deux jours plus tard à Saint-Grégoire-le-Grand. Environ 11% des Parenteau d’Amérique du Nord sont ses descendants. 

 

 

 

LES DESCENDANTS

 

 

Enfants d’Augustin Parenteau marié en premières noces 

avec Marguerite Guillaume dite Lafontaine

 

1. Marguerite : née à Louiseville le 23 avril 1743; sépulture le lendemain à Louiseville.

2.  Joseph : né et baptisé le 20 mars 1744 à Louiseville. Il vivait en 1766 à Lavaltrie d’où il vendit à son père la part d’héritage qui lui revenait du mariage dissous de sa défunte mère et de son père Augustin. Non marié au Québec et sans postérité au Québec.

3.  Charles : né et baptisé le 25 février 1746 à Louiseville. Décédé à 16 ans à Louiseville, sépulture commune avec un dénommé Louis, Autochtone du même âge, le 28 mars 1762.

4.  Augustin : baptisé à Louiseville le 7 novembre 1748. Inhumé à l’âge de 10 ans  à Louiseville le 10 septembre 1758. 

 

  

 

Enfants d’Augustin Parenteau marié en deuxièmes noces 

avec Angélique Vanasse dite Bastien

 

1.  Marie-Angélique : née et baptisée à Louiseville le 28 novembre 1751. Décédée à Louiseville le 29 août 1753 et inhumée le lendemain à Louiseville.

2. Amable : né et baptisé le 13 janvier 1753 à Louiseville. Marié à Montréal  le 1er février 1779 avec la veuve Judith Simon  dit Léonard née en 1755; contrat de mariage, notaire Foucher 15 janvier 1779. Établi vers 1772 à Chambly avec sa mère, ses frères et ses sœurs. Pas de postérité par les mâles. Sa fille Josephte fut servante chez le seigneur Hertel de Rouville à cause de la pauvreté des parents. Elle épousa plus tard André Dubreuil le 1er février 1802 à Chambly et Jean-Baptiste Phaneuf le 28 octobre 1816 à Chambly.

3.   Alexis : né et baptisé à Louiseville le 30 juin 1754. Décédé à 18 ans le 19 décembre 1772 à Chambly.

4.  Gervais : né et baptisé à Louiseville le 27 décembre 1755. Établi à Saint-Grégoire, Ville de Bécancour, dès 1778.Il vendit sa première terre de Saint-Grégoire le 23 octobre 1780 (Notaire J.-B. Badeaux ANQTR) et en acheta une autre entre l’autoroute 55 et le lac St-Paul, terre située au 16,470 boulevard des Acadiens. Il s’est établi définitivement sur cette terres. Marié à Trois-Rivières le 13 novembre 1786 avec Marie Desrosiers dite Dargis, de Bécancour. Sépulture  le 8 mai 1837 à Saint-Grégoire. Ancêtre des Parenteau de Saint-Célestin, de Saint-Grégoire-le-Grand dans Ville de Bécancour, de Notre-Dame-du Mont-Carmel et de Grand-Mère en Mauricie, et des Parenteau d’Abitibi.

5.  Joseph : né à Louiseville le 5 novembre 1757, baptisé le lendemain. 

6.  Marie-Angélique : née et baptisée à Louiseville le 6 janvier 1760 et sépulture à Louiseville le 1er février 1770 : le chirurgien Jean Carle est venu à son chevet trois jours auparavant (voir certificat médical plus haut).

7.  Marie-Anne : née et baptisée à Louiseville le 5 juillet 1761. Mariée le 14 septembre 1796 avec l’ex-soldat allemand  Lawrence Flürher, fermier de Chambly, à l’église anglicane Christ Church de Montréal. Elle habitait cette année-là à Pointe-Olivier (Saint-Mathias-de-Rouville, en face de Chambly).

8.  Catherine : née et baptisée à Louiseville le 11 novembre 1762. Mariée avec Joseph Côté, veuf, à Chambly le 20 janvier 1783. 

 

 

 

Enfants de Gervais Parenteau (fils d’Augustin)

et de Marie Desrosiers dite Dargis

 

1.  Marie : née  le 31 août 1787 à Saint-Grégoire et baptisée en 1787, registres de Nicolet. Sépulture le 23 novembre 1793 à l’âge de 6 ans,  registres de Nicolet.

2.  Marguerite : née le 26 novembre 1788 à Saint-Grégoire, baptisée le lendemain, registres de Nicolet. Sépulture le 10 décembre 1788, registres de Nicolet.

3.  Joseph : né le 13 octobre 1789 à Saint-Grégoire-le-Grand et baptisé le lendemain (registres de Nicolet). Marié avec Madeleine Hélie (Élie) dite Breton le 21 juillet 1818 à Trois-Rivières. Décédé le  26 mai 1830 à St-Grégoire-le-Grand, Ville de Bécancour, à l’âge de 40 ans, et inhumé le lendemain à cet endroit. Pas de descendance actuelle du nom Parenteau. Une erreur dans l’acte de baptême de son premier enfant a été commise par le célébrant du baptême le 2 juin 1819: le prêtre de St-Grégoire-le-Grand, dénommé Desforges, a écrit que la mère se dénommait Josephte Abel (Lebel, Bell) alors qu’il ne peut s’agir que de Madeleine Élie. Le parrain fut Joseph Abel (en fait Lebel)*, oncle de la mère (Madeleine Élie-Breton), et la marraine fut Élisabeth Pagé, identifiée comme la tante (de la baptisée). Cette tante était en fait la belle-sœur du père, c’est-à-dire la femme de son frère Jean Baptiste. Le dénommé Joseph Abel et son épouse Françoise Allard (autre erreur, mais en fait Françoise Desrosiers dite Dargis) ont enterré leur enfant dénommé Abel (Lebel) à St-Grégoire-le-Grand le 11 mai 1816. Joseph Parenteau et Madeleine Élie ont eu à St-Grégoire-le-Grand au moins trois autres enfants dont l’un, un fils âgé de 17 ans à son décès, fut inhumé le 27 septembre 1838. Le cas de Joseph Lebel est plusieurs fois l’objet de confusion à cause des variations de son patronyme dans les registres de l’état civil.

*Joseph Lebel (et non Abel) était marié avec Françoise Desrosiers dite Dargis, demi-soeur de la femme de Gervais Parenteau et Marie-Desrosiers dite Dargis. Demi-sœurs parce que le père de ces deux demi-soeurs, Joseph Desrosiers-Dargis, s’était marié deux fois. De plus, Pierre Desrosiers dit Dargis, demi-frère, était marié avec Marguerite Élie dite Breton, tante de la femme de Jean-Baptiste Parenteau, frère de Joseph. Les liens d’alliance familiale entre ces Parenteau et les Desrosiers-Dargis étaient donc multiples.

4. Jean-Baptiste : baptisé le 26 juillet 1791, registres de Nicolet. Marié avec Élizabeth Pagé à Louiseville le 30 janvier 1815. Menuisier et cultivateur à Saint-Grégoire. Descendance au Québec.

5. Marie-Reine : baptisée le 15 novembre 1793, registres de Nicolet. Mariée avec Joseph Béliveau le 23 janvier 1815 à Saint-Grégoire. Sépulture le 1er mars 1875 à l’âge de 83 ans à Saint-Grégoire.

6.  Michel : né à Saint-Grégoire-le-Grand, baptisé le 28 septembre 1795, registres de Nicolet. Marié avec Josephte Béliveau le 10 août 1818 à Saint-Grégoire-le-Grand (Ville-de-Bécancour). Héritier de la moitié de la terre de son père avec la maison en pierre des champs démolie en 1911, au 16470 boulevard des Acadiens, Saint-Grégoire. Décédé le 26 avril 1875 à Saint-Grégoire. Il a une descendance Parenteau à Saint-Grégoire-le-Grand (Ville-de-Bécancour), puis au 661 rang Saint-Félix de Notre-Dame-du-Mont-Carmel (Shawinigan-Sud) et à l’angle nord-est de ce rang et de la route 157, et à Grand’Mère. Cultivateur et menuisier.

Michel Parenteau, son père Gervais et leurs descendants avaient conservé plusieurs documents originaux de famille, dont des contrats notariés, un décret nommant Augustin Parenteau maître de poste de Louiseville en 1760 et un certificat de médecin de Louiseville, datant de 1770. (Un descendant, François Labarre, les a donnés aux archives du Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières en 1993.)

7.  François-de-sales : baptisé le 17 février 1797, registres de Nicolet. Présent à la donation des biens de son père le 25 novembre 1816. Pas de postérité par les mâles au Québec.

8.  Antoine : né à Saint-Grégoire-le-Grand, baptisé le 6 janvier 1799, registres de Nicolet. Marié avec Émilie Vigneau le 12 février 1827 à Saint-Grégoire. Menuisier et cultivateur à Saint-Grégoire. Descendance à Saint-Célestin, Trois-Rivières et en Abitibi.

9.  Léandre : né le 14 mai 1800 à Saint-Grégoire et baptisé le lendemain, registres de Nicolet. Marié avec Salomée Dubé le 4 février 1833 à Saint-Grégoire. L’une de ses filles, Olivine, est née le 21 février 1839 à Drummondville, paroisse Saint-Frédéric. Pas de descendance actuelle du nom Parenteau. Décédé le 29 octobre 1845 à Trois-Rivières.

10. Augustin : né le 17 mars 1802 à Saint-Grégoire-le-Grand et baptisé le même jour, registres de Nicolet. Sépulture le 2 avril 1802, registres de Nicolet.

11. Pierre : baptisé le 2 août 1805, registres de Nicolet. Présent le 25 novembre 1816 à la donation des biens de ses parents.