III – Pierre-Louis Parenteau

                                                          Visiter aussi le site de la seigneurie  :  www.saint-francois-du-lac.com

Mis à jour : 2017, le 3 novembre.                

 

 

III

 

 

Deuxième génération

Pierre-Louis Parenteau (1690 – 1745)

Marguerite Saint-Laurent (c1694 – 1775)

 

 

 

 

William Brymner 1855-1925, Octobre Rivière Beaudet, détail, collection musée du Québec.

William Brymner 1855-1925, Octobre Rivière Beaudet, détail, collection Musée du Québec. Paysage semblable au Petit-Chenal d’Yamaska. Cliquer sur l’image.

 

 

Pierre-Louis-Parenteau est né entre le 2 et le 12 janvier 1690 dans la seigneurie de Saint-François, aujourd’hui Notre-Dame-de-Pierreville, et fut baptisé le 12 janvier dans la chapelle domestique du seigneur Crevier, la chapelle ayant été incendiée lors d’une attaque iroquoise. Son parrain, Louis Crevier, fils aîné du seigneur, fut tué deux mois et demi après ce baptême, le 27 mars 1690 lors du raid mené par les Hertel sur Salmon Falls (Berwick) à la frontière du Maine et du New Hampshire.

 

Transcription de l’acte de baptême de Pierre-Louis Parenteau

12 janvier 1690, paroisse Saint-François-du-Lac 

 «L’an mille six cent 90  le 12 de Janvier Je louis André de la compagnie de Jésus faisant les fonctions curiales pour le St François et pour les sauvages ay baptisé Pierre louis parenteau fils de pierre parenteau et de marie. madeleine tisseran dans la chappelle  domestique (sic) domestique du Sieur Crevier seigneur du lieu dict St François Xavier. iay fait toutes les cèremonies de l’église   le parrein a esté louis crevier qui a signé   la marraine  a esté marie marthe forcier qui a declaré ne sçavoir signer ______________louis André de la compagnie de Jesus, Louis Crevier»

 

 

Enfance à Québec chez sa mère mariée en deuxièmes noces avec le journalier Jean Charpentier

 

Il fut le dernier enfant de Pierre Parenteau et de Madeleine Tisseran. Tel que relaté plus haut dans la biographie de son père Pierre, il passa son enfance dans la Basse-Ville de Québec où sa famille avait dû se réfugier en 1691 pour se protéger des attaques-surprises des Iroquois (la nation des Agniers) comme toutes les familles de la seigneurie de Saint-François avaient dû le faire. Il vivait sur la rue Champlain dans la Basse-Ville chez sa mère Madeleine Tisseran mariée en deuxièmes noces avec Jean Charpentier. Il reçut le sacrement de confirmation le 16 mai 1701 à Québec sous les prénoms Pierre Louis. Bien que baptisé et confirmé sous les prénoms de Pierre et Louis, il ne porta couramment que le prénom de Pierre et n’adopta jamais le surnom de guerre de son père du moins dans les documents des archives : « Lafontaine ». Sa sœur Marie-Jeanne fut la seule à porter ce surnom de guerre en deux occasions à Beauport en 1708. On lira davantage sur l’enfance et l’adolescence de Pierre-Louis dans le chapitre précédent portant sur ses parents.

Né en janvier 1690, il était trop jeune lors de la mort de Pierre Parenteau pour mémoriser l’image de son père vivant : il était âgé d’un à deux ans. 

 

Détail de la carte de Jean-Baptiste Franquelin, 1688. Bibliothèque nationale de France.
Détail de la carte L’Amérique septentrionale, 1688,  de Jean-Baptiste-Franquelin . Bibliothèque nationale de France (BNF). Vue de Québec en 1688. Détail. Sur la partie la plus à gauche de l’image entre la falaise et le fleuve : la rue Champlain, où demeurait Madeleine Tisseran, veuve Parenteau et remariée avec Jean Charpentier, et où ses plus jeunes enfants (les garçons Pierre-Louis et Charles Parenteau) et ses trois filles (Marguerite, Marie-René et Marie-Jeanne Parenteau) ont passé leur enfance et/ou leur jeunesse. Bibliothèque nationale de France. Usage non commercial, usage sans but lucratif. Cliquer sur l’image.
 
 
  

Établissement au Petit-Chenal d’Yamaska vers 1715

 

Si la seigneurie de Saint-François fut le berceau des Parenteau d’Amérique, Yamaska en fut la maison, car Pierre-Louis Parenteau y engendra une progéniture nombreuse et prolifique. À l’âge de 20 ans, il prit possession d’une terre de 5 arpents de front sur 25 arpents de profondeur avec toute la presqu’île qui se trouvait en face, dans le rang du Petit-Chenal d’Yamaska, le 10 avril 1710. De nos jours cette terre est approximativement la terre des lots 515, 516 et 530 à l’adresse civique suivante : 299 rang du Petit-Chenal, Yamaska. Elle se situe à environ 10 km de la terre des Parenteau de l’île Saint-Joseph de la seigneurie de Saint-François. De plus il obtint une réserve de terre voisine et du côté sud de son propre lot, qui consistait en 3 grands lots mesurant en totalité 7 arpents de front sur 25 arpents de profondeur, terre qui fut divisée en 3 lots qui furent concédés à 3 de ses enfants, plus tard.  Cette concession de terre du 10 avril 1710 ne s’est pas faite devant notaire mais par un billet signé par le seigneur d’Yamaska, Pierre Petit, comme c’était toujours le cas.  C’est dans une requête en cour du 20 octobre 1732 (voir plus bas) qu’on apprend que c’est le 10 avril 1710 que le seigneur Pierre Petit, sur un simple billet, avait concédé à Pierre-Louis Parenteau la terre du Petit-Chenal et la presqu’île qui se trouvait en face (BAnQ en ligne, cote TL3,S11,P1275).

Cette date du 10 avril 1710 est aussi confirmée dans une cause impliquant le seigneur Petit et un chirurgien (Juridiction royale des Trois-Rivières), cause dans laquelle un acte de concession rétroacif, nouvellement daté du 15 février 1742 et signé par le notaire Pressé, fut déposé en cour. Cet acte notarié est une document légal et formel d’une concession qui avait été faite sur un simple billet à Pierre-Louis Parenteau 32 ans auparavant (ANQ cote TL3,S11,P1275 et TL5,D1366).

 

Acte rétroactif de concession de terre à Pierre-Louis Parenteau, 15 février 1742, 32 ans après la concession faite sur un simple billet le 10 avril 1710.

 

« Par devant Le notaire Royal de La jurisdiction des trois Rivières, y Résident Soussigné, Et témoins cy bas Nommés furent Presens Le Sieur pierre Petit Seigneur et propriétaire du fief iabmaska demeurant en cette ville Et dame Margueritte veron de Grandmenil son Epouse de son dit Mary bien, Et duement authorisée pour l’Effet des présentes Lesquels ont Reconnû et Confessé avoir baillé Quitté, Cedé, transporté Et délaissé par ces présentes à titre de Cens et Rentes, profits de Lots et rentes, défaut, saisine, Et amende quand le Cas y Echèera dès maintenant Et à toujours, promis, et promet Garantir de tous troubles Et Empeschements Généralement Quelconques, à Pierre parantau habitant de La ditte Seigneurie d’jabmaska Scavoir est une terre et concession scize et Scituée En La ditte Seigneurie, de la Consistance de tout ce qui se trouvera de terre de front, dans le petit Chenail d’yabmaska depuis la borne de Cinquantin jusqu’au bout du marais qui regne Le Long de la ditte terre avec La Presqu’isle qui Est vis à vis La ditte terre (1 mot) jusqu’au bout du dit marais Ce bail ainsy fait à La charge des Cens Et Rentes Et autres droits Seigneuriaux consistant suivant Qu’il appert par Le billet de prise de possession de La ditte terre dont la profondeur est de vingt cinq arpens Le dit Billet En datte du dix avril mil sept cent dix Demeuré annexé à La minutte des présentes Et signé Petit et Margueritte veron, Les dittes Rentes cy dessus de sept livres et sept chapons ou Quinze sols par chaque chapon Et pour la Commune trois livres, Le tout de Cens argent de france, Payable au jour et feste saint martin d’hiver onzième Novembre Et continuer d’an en an à pareil jour Ledit payement au manoir seigneurial de La ditte Seigneurie pour du dit Emplacement jouir faire et disposer par Ledit preneur ses hoirs et ayant causes comme de chose à luy appartenante au moyen des présentes, à la charge de La ditte Rente Et en cas de vente Se réservent Lesdits Sieur Et dame bailleur Le droit de reserve et préférence de la ditte concession En remboursant Le prix principal Et Loyaux couts Ne pourra le dit preneur vendre, ceder transporter Ny aliener la ditte concession parts d’jcelle En aucune main morte qu’aux charges de Representer homme vivant et mourant Et faute par le dit Preneur ses hoirs et ayant causes de payer La ditte Rente ainsy que dit est sera loisible aux dit Sieur bailleur de Rentrer de plein droit dans la ditte concession sans aucune forme ny figure de procès Et sans que cette clause puisse être reputée comminatoire Ces présentes restant Néantmoins dans leurs force et vertu pour les arrérages qui en seront lors deubs Car ainsy Etc promettant obligeant, Renonçant Etc fait et passé aux dittes trois Rivières Etude dudit Notaire apres Midy L’an mil sept Cent Quarante deux le Quinze Février presence de Louis Perrin Et Jean Goyer témoins demeurans cette ville qui ont, avec les dittes parties bailleuresses, Et notaire Signé Ledit parantaux ayant déclaré Ne scavoir Ecrire Ny Signer de ce Enquis Lecture faite Suivant L’ordonnance ; ainsy signé à la minutte du billet Petit, margueritte veron Et à la presente moy dit notaire   Pressé »

 

Les documents conservés aux Archives nationales du Québec à propos de la concession de terre du 10 avril 1710

 

1- « Requête de Pierre Paranteau (Parenteau), habitant de Yamaska, comparaissant par François Carry, demandeur, à l’encontre de Jeanne Banliac (Banhiac), veuve du défunt Mathurin Bertelot (Berthelot) dit LaGirofflée (LaGiroflée), demeurant aussi à Yamaska, défenderesse et Joseph Deguire dit Derosier (Desrosiers), habitant de Yamaska, défendeur et défaillant. Le demandeur, possédant une presqu’île à côté de 2 islets concédés au feu LaGirofflée, réclame qu’il jouisse en totalité de ladite presqu’île en plus de se faire payer par lesdits défendeurs le bois et le foin qu’ils ont pris sur sa concession. La dame Banliac répond qu’elle n’a pris ni bois ni foin sur la presqu’île mais bien sur les 2 islets et qu’elle souhaite qu’une ligne de séparation soit tirée entre les 2 concessions. Il est ordonné que les arbitres nommés par les 2 parties tirent une ligne de séparation entre la presqu’île et les 2 islets. » – 20 octobre 1732. BAnQ Pistard cote TL3 S11 P1275.

2- Titres, Dates, Quantité. « Procès opposant Charles Alavoine, chirurgien du Roi aux Trois-Rivières, défendeur, à Jeanne Veron Grandmesnil et Jean-Baptiste Godefroy, écuyer, demeurant à Montréal, son époux, demandeurs, à propos d’une somme qui leur est due, telle que portée par un contrat de vente d’une terre en banlieue de Trois-Rivières (Yamaska), passé devant Pierre Petit, notaire, le 4 mai 1732 et requête pour la vente et l’adjudication par décret de l’emplacement en question. BAnQ Pistard TL5, D1366.

« Portée et contenu. Ce dossier en matières civiles provient de la Juridiction royale des Trois-Rivières et du Conseil supérieur de Québec. Il comprend le jugement de la Juridiction royale des Trois-Rivières; un acte de concession* par Pierre Petit, seigneur et propriétaire du fief de Yamaska et Marguerite Veron de Grandmesnil, son épouse, à Pierre Parenteau (Paranteau), habitant de la seigneurie, d’une terre dans le petit chenal de Yamaska (Pressé, notaire royal de la Juridiction des Trois-Rivières, 15 février 1742); des procès-verbaux de signification; la requête de Jean-Baptiste Godefroy adressée à la Juridiction; des exploits d’assignation et de signification; des ordonnances de la Juridiction royale; une requête adressée à la Juridiction par Alavoine; des arrêts du Conseil supérieur de Québec; l’acte de comparution d’Alavoine au greffe de la Juridiction; les griefs et les moyens d’appel d’Alavoine; une déclaration du substitut du procureur du Roi de la Juridiction royale des Trois-Rivières qui a agit comme témoin dans ce dossier. » Suite BAnQ Pistard TL5, D1366. * Acte de concession rétroactif daté du 15 février 1742 et signé par le notaire Pressé.

 Voir plus haut la transcription de l’acte de cette concession rédigé rétroactivement en 1742.

 

 

Extrait de la feuille GE SH 18 PF 127 DIV 2 P 5 de la carte de Catalogne, Gédéon de (1662-1729). Cartographe, Pontchartrain, Louis Phélypeaux (1643-1727 ; comte de). Dédicataire, Decouagne, Jean-Baptiste (1687 – 1740). Titre : Suite du gouvernement des trois rivieres qui … comprent en descendant le fleuve Saint Laurent depuis les isles de Richelieu jusqu’a la sortie du lac St-Pierre levée en 1709 par les ordres de Monseigneur le Comte de Ponchartrain commandeur des ordres du Roy ministre et secrétaire d’estat / par le S. 1709. Bibliothèque nationale de France (BNF). Détail.

 

De l`'île St-Joseph de la rivière St-François au petit chenal d'Yamaska

Pierre-Louis Parenteau (deuxième génération) né dans le fort de la seigneurie Rivière St-François est allé s’établir au petit chenal de la seigneurie d’Yamaska. Photo Google Earth.

 

Extrait de la feuille GE SH 18 PF 127 DIV 2 P 5 de la carte de Catalogne, Gédéon de (1662-1729). Cartographe, Pontchartrain, Louis Phélypeaux (1643-1727 ; comte de). Dédicataire, Decouagne, Jean-Baptiste (1687 – 1740). Titre : Suite du gouvernement des trois rivieres qui … comprent en descendant le fleuve Saint Laurent depuis les isles de Richelieu jusqu’a la sortie du lac St-Pierre levée en 1709 par les ordres de Monseigneur le Comte de Ponchartrain commandeur des ordres du Roy ministre et secrétaire d’estat / par le S. 1709. Bibliothèque nationale de France (BNF). Détail.

 

 

 

Détail de l’image précédente. Extrait de la feuille GE SH 18 PF 127 DIV 2 P 5 de la carte de Catalogne, Gédéon de (1662-1729). Cartographe, Pontchartrain, Louis Phélypeaux (1643-1727 ; comte de). Dédicataire, Decouagne, Jean-Baptiste (1687 – 1740). Titre : Suite du gouvernement des trois rivieres qui … comprent en descendant le fleuve Saint Laurent depuis les isles de Richelieu jusqu’a la sortie du lac St-Pierre levée en 1709 par les ordres de Monseigneur le Comte de Ponchartrain commandeur des ordres du Roy ministre et secrétaire d’estat / par le S. 1709. Bibliothèque nationale de France (BNF). Détail.

 

Mariage en 1711

 

Le 28 juillet 1711, il s’est marié à 21 ans avec Marguerite Saint-Laurent, 17 ans, fille de Gilles Laurent dit Saint-Laurent et d’Anne Labrecque, habitant eux aussi dans la seigneurie de Saint-François.

 

Vente de sa part d’héritage dans la terre paternelle de l’île St-Joseph

dans la seigneurie Rivière St-François

 

Le 20 janvier 1712 il se fit payer par son beau-frère Pierre Bibeau marié à sœur Marie-René, le montant de 60 livres pour sa part d’héritage dans la terre paternelle de l’île Saint-Joseph de la seigneurie de Saint-François (notaire Daniel Normandin ANQTR), ce que firent l’une de ses deux sœurs et son frère Charles de Québec lors de la passation du contrat de vente le 29 octobre 1713 à Québec (notaire Chambalon ANQQ).  Le 29 juillet 1714, il est identifié comme Louis Parenteau et est dit demeurer dans la seigneurie de Saint-François, dans un acte de désistement des héritières Maugras passé chez Louis Véronneau devant le même lieu (notaire D. Normandin). Il se serait établi à Yamaska en 1715. Le 14 mars 1721 des procès-verbaux furent rédigés par des arpenteurs relativement au bornage de sa terre d’Yamaska (ANQ cote CA301, S2, P96).

1721-03-14 : « Liste des concessionnaires de la seigneurie de Yamaska, dans la rivière Yamaska. La présente pièce concerne directement: le sieur Gobin; le sieur Hébert; le sieur Laplante; le sieur Petit (fils); le sieur Brisebois; le sieur Ritchot (Ridechot); le sieur Brouillard; le sieur Petit (père); le sieur Costenoire (Cotnoir, Cottenoir); le sieur Provencher; le sieur Maurenaud (Morneau); Étienne Maudoux (Maudou); le nommé Dutremble; François Maudoux (Maudou); le nommé Canturas (père) (Cantara); le nommé Canturas (fils) (Cantara); la commune; le nommé Giguiere (Giguère); le nommé Ricthot (fils) (Ridechot); le nommé Cairy (Cary, Carry); le nommé Desrosiers; le nommé Lagerofflée (Lagiroflée); le nommé Lafleur; le nommé Launière; le nommé Paranteau (Parenteau); Jean Relle (Harel); Louis Chefvigne (Chefdevigne); le nommé Tariau (Tareau, Taviau); Thomas Pinot (Pineau, Pinault); Jean-Baptiste Dupon (Dupont); Michel Masson; Michel Rivard; le nommé Saint-Sire (Saint-Cyr); François Mongrin (Mongrain); le nommé Sainte-Claire (Saint-Claude); le nommé Roussin; Jean Thessiez (Tessier); Edmond Thessiez (Tessier) (arpenteur Noël Bonhomme dit Beaupré). » « La présente liste est accompagnée d’un procès-verbal inscrit sur le même document (voir la pièce CA301,S2,P62); la date provient dudit procès-verbal. Les noms des concessionnaires sont accompagnés des sommes qu’ils doivent audit arpenteur pour l’arpentage opéré. » Textes de BAnQ en ligne, archives, recherche pistard.

 

Arpentage et localisation de la terre de Pierre-Louis Parenteau à Yamaska

 

Procès-verbal d’arpentage par Noël Bonhomme dit Beaupré, arpenteur, pour les terres des sieurs Lafleur, Launière et Parenteau. !4 mars 1721.

Transcription : « Lan mil sept cent ving et un le quatorziesme de mars a la requeste de monsieur Petit seigneur de la riviere yamasca et du Sr. la Fleur et Sr. Parenteau Je noel Beaupré Juré arpenteur en la nouvelle France soussigné et me suis expres transporté sur la dite Riviere yamasca au petit chenal du costé du sorouest ou estant Jay mesuré quattre arpens en montant le long de la dite Riviere pour le Sr. Lafleur que jay céparé avec le Sr. Launiere par une ligne qui cour au sorouest neuf degré vers le Sud et sur la dite ligne ay planté deux bornes de pierre avec des morceaux de terrine et du charbon et de la dite ligne ay mesuré cinq arpens en montant pour le Sr. Launiere et autres cinq arpens pour le Sr. paranteau que jay ceparé par des lignes parallèles et (1 mot) ainsi que devant en presence de monsieur Sr. Petit qui a signé et des sunommés qui ont declaré ne  scavoir signer »

 

Carte Murray de 1761 Image 101 jpg e010944374_18

À Yamaska. Détail de la Carte James Murray forme 44 planches, année 1761. Bibliothèque et Archives Canada  cote e010944374_18 jpg. Ajout de formes rouges autour des bâtiments. La terre paternelle de Pierre-Louis Parenteau se trouvait au Petit-Chenal d’Yamaska. Son fils Joseph a échangé cette terre paternelle le 21 octobre 1774 contre deux autres terres contiguës de 3 arpents de front chacune située plus haut en remontant la rivière (voir l’endroit plus haut sur une photo Google Earth et sur l’extrait d’une planche de la carte James Murray,format 44 planches, année 1761, ci-dessus). DOUBLE-CLIQUER sur l’image pour l’agrandir.

 

 

 Pierre-Louis Parenteau et les services religieux d’Yamaska

 

Pierre-Louis participa le 5 mars 1721 à une assemblée des habitants d’Yamaska au manoir seigneurial de Saint-François, portant sur la fréquence des services religieux à être dispensés à Yamaska. La seigneurie comptait alors 25 ménages. Une chapelle en bois était érigée au centre de l’île du domaine à Yamaska. À cette assemblée les représentants d’Yamaska se sont offerts à aller chercher le curé de Saint-François chacun leur tour à condition qu’ils en soient avertis au prône (RAPQ, 1922, pp.320-323). Voir le procès-verbal  de l’assemblée tenue au manoir Crevier sur www.saint-francois-du-lac.com, onglet Population, Tous catholiques, article Première partie.

 

Les terres des Parenteau jusque vers 1750 environ. CLIQUER SUR L’IMAGE.

 

Carte James Murray de 1761. Détail. Copie de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. 

 

 

 

La ferme, la maison et les bâtiments de Pierre-Louis

Aveu et dénombrement du 3 juin 1723

 

 

Le 3 juin 1723 le seigneur Pierre Petit d’Yamaska  procéda à l’aveu et dénombrement de sa seigneurie, sorte de recensement qui rendait compte du nombre de colons établis et de  bâtiments. Il y est rapporté que Pierre-Louis Parenteau possédait, outre sa terre de cinq arpents de front sur 20 de profondeur (c’était 25 de profondeur et plus tard, on ne sait quand, 5 3/4 arpents de front plus la presqu’île située devant cette terre Petit-Chenal), une maison, une grange et une étable, qu’il avait défriché six arpents qui pouvaient être labourés et ensemencés. En plus de ses légumes, de son maïs et de son foin, on sait qu’il y cultivait du tabac et du lin qu’il vendait comme l’on verra plus bas dans son témoignage au procès du 30 mars 1742. Ses animaux broutaient dans les pâturages naturels de la commune. Il tirait aussi des revenus en piégeant des martres dont la fourrure était très recherchée. Ses voisins : du côté nord François Gamelin dit Launière (qui n’y a jamais habité )et du côté sud, selon cet aveu et dénombrement, des terres non encore concédées par Pierre-Louis Parenteau à ses enfants.

 

Image modifiée de Pionner Homestead , huile de Cornelius Krieghoff, 1854, artvalue.

Image modifiée de Pionner Homestead , huile de Cornelius Krieghoff, 1854, site web artvalue. Usage à but non commercial ni lucratif.

 

A Private Conversation par Cornelius Krieghoff. Usage à but éducatif, non lucratif.

A Private Conversation par Cornelius Krieghoff. Usage à but éducatif, non lucratif.

 

Les actes notariés passés à Yamaska de cette époque décrivent les maisons comme ceci : murs faits de pieux plantés dans la terre ou de pieux sur des soles, au toit recouvert de paille ou de planches, et de dimensions restreintes, environ 17 pieds par 14, soit 6 mètres par 5. Celle des Parenteau avait certainement été agrandie vu le nombre des enfants. La maison seigneuriale de Pierre Petit en 1723 mesurait  environ 28 pieds par 19,  sa grange 40 pieds en longueur par 22 en largeur, grange dont les murs étaient faits en pieux, une étable de 25 pieds par 22 et un fournil de 15 pieds par 22. (Notaire Véron de Grand Mesnil, 4 novembre 1716, Inventaire des biens de Mathurin Berthelot ANQTR; notaire Puyperoux de la Fosse 1er novembre 1729, échange de terre, Ignace Breza, ANQTR; Aveu et dénombrement de la seigneurie d’Yamaska, 1723, description de la maison seigneuriale et des bâtiments ANQTR.)

 

 

 

Pierre-Louis et sa femme sont allés en cour à Trois-Rivières

 

 

Vue de la ville des Trois Rivières en Canada Nouvelle France, 1721, détail, Archives d'Outre-mer France-Québec.

Veu de la ville des Trois Rivières en Canada Nouvelle France, 1721, détail, Archives d’Outre-mer France-Québec.

 

 

Le 18 octobre 1732, Pierre-Louis Parenteau demanda à François Carry de le représenter à la cour ou prévôté de Trois-Rivières le 20 octobre, contre Jeanne Banhiac, la veuve de Mathurin Berthelot dit Lagirofflée (Juridiction royale des Trois-Rivières, 20 octobre 1732, ANQM). Pierre-Louis Parenteau prétendait que la veuve de Berthelot avait pris du foin et du bois sur sa presqu’île du Petit-Chenal d’Yamaska.

Le 20 octobre 1732, la requête de Pierre-Louis Parenteau contre la veuve de Mathurin Berthelot dit Lagirofflée, sa voisine d’en face, fut entendue par le juge Godefroy de Tonnancour. La veuve Berthelot, Jeanne Banhiac, possédait deux îlets contigus et attenants à la presqu’île des Parenteau, laquelle se trouvait entre le Petit-Chenal et la terre ferme  en face de la terre des Parenteau. Il était demandé par le représentant de Parenteau, François carry, que la veuve Berthelot fût condamnée à payer à Parenteau le foin et le bois qu’elle aurait pris sur la presqu’île.  La veuve  Berthelot répliqua qu’elle n’avait rien pris. Il a été convenu qu’une ligne de séparation serait tirée entre les îlets et la presqu’île par deux experts, Gilles Badaillac dit Laplante et René Danis, et qu’un procès-verbal serait rédigé. C’est dans cette cause qu’on apprend que c’est le 10 avril 1710 que le seigneur Pierre Petit, sur un simple billet, avait concédé à Pierre-Louis Parenteau la terre du Petit-Chenal et la presqu’île qui se trouvait en face (BAnQ en ligne cote TL3,S11,P1275). Cette date est aussi confirmée dans une cause impliquant le seigneur Petit et un chirurgien le 17 février 1742 (Juridiction royale des Trois-Rivières), cause dans laquelle un nouvel acte de concession fut déposé (BAnQ en ligne cote TL3,S11,P1275 et TL5,D1366).

Le 27 novembre 1738, Pierre-Louis Parenteau a reçu un avis de l’huissier de Trois-Rivières de comparaître en cour le 15 décembre suivant à la requête de Joseph Deguire dit Desrosiers.

Le 15 décembre 1738, Pierre-Louis Parenteau comparaissait à la cour de Trois-Rivières à la demande d’Antoine Deguire dit Desrosiers et de Louis Boissel d’Yamaska qui voulaient le voir être condamné à leur faire réparation d’honneur à la porte de l’église d’Yamaska et à celle de Sorel pour les avoir traités de fripons et de voleurs lors d’une assemblée de la milice d’Yamaska. De son côté, Parenteau les aurait accusés d’avoir brisé ses pièges à martre et d’avoir volé les deux martes qui y étaient prises. Parenteau, assisté de sa femme, a répondu qu’il ne les a jamais traités de fripons ni de voleurs mais qu’il était vrai qu’il les avait accusés d’avoir brisé ses pièges et volé ses deux martres. Le juge ordonna que des témoins fussent interrogés à une prochaine séance (BAnQ en ligne cote TL5, D1191). La martre était recherchée pour sa fourrure soyeuse, se distinguant du vison par sa queue plus touffue et son pelage plus pâle qui varie du brun foncé au jaune pâle. Parenteau en tirait un bon revenu.

Le même jour Joseph Desrosiers fit comparaître Pierre-Louis Parenteau pour le faire condamner à lui payer la somme de 75 livres et 13 sols pour n’avoir pas fait des ouvrages qu’il avait convenu de faire pendant que Desrosiers était parti en voyage de traite de fourrure. Parenteau devait faire nettoyer quelques arpents de terre qui avaient été bûchés. De plus Desrosiers lui réclama  70 livres pour d’autres raisons. Finalement Parenteau fut condamné à payer Desrosiers  la somme de 36 livres ou de lui nettoyer deux arpents et demi de terre (BAnQ en ligne cote TL3, S11, P1376).

Le même jour encore, Louis Boissel fit comparaître le seigneur d’Yamaska Pierre Petit fils pour le voir être condamné à lui payer 13 livres et 15 sols pour dix journées et demie de travail qui n’avaient pas été faites.

À la fin de cette même journée, Joseph Deguire dit Desrosiers fit comparaître Pierre Petit dit Gobin fils, seigneur en partie d’Yamaska, pour le voir être condamné à lui livrer incessamment deux arpents de terre nette et passée au râteau. Marguerite Saint-Laurent, femme de Parenteau, avait été chargée par Joseph Deguire d’avancer de l’argent à Pierre Petit fils (BAnQ en ligne cote TL3, S11, P1374).

Le 11 janvier 1739, enquête sur Pierre-Louis Parenteau 49 ans, par Jean-Baptiste Fafard, sieur de Laframboise, substitut du procureur du Roi, à la requête de Louis Boissel et d’Antoine Desrosiers d’Yamaska, enquête demandée le 15 décembre 1738. Deux témoins ont comparu : Michel Dumas 26 ans  et  Antoine Cottenoire 23 ans. Ils témoignèrent sur le comportement de Pierre-Louis Parenteau qui aurait accusé Louis Boissel et Antoine Deguire dit Desrosiers d’avoir brisé ses pièges à martre et d’avoir volé ses deux martres. Dans leur déposition, Dumas et Cottenoire ont raconté que, lors d’une assemblée de la milice chez Morneau, ils ont entendu Pierre-Louis Parenteau dire que Desrosiers et Boissel avaient cassé ses martrières et volé ses deux martres. Ils déclarèrent ne pas avoir entendu Parenteau traiter Boissel et Desrosiers de fripons et de voleurs. Suite à ces témoignages aucun jugement ne semble avoir été rendu.

La petite population de Trois-Rivières  « à la fois insouciante et gaillarde, éprouve naturellement le besoin de se distraire. Les audiences de la cour de justice lui en fournissent l’occasion tous les lundis. La moindre chicane se règle devant le juge qui,  la plupart du temps, doit renvoyer les parties sans rien conclure, non sans avoirau préalable écouté leurs prétentions. » (Raymond Douville, La vie quotidienne en Nouvelle-France, p.104)

  Le 12 janvier 1739, Pierre-Louis Parenteau, 49 ans, fit comparaître en cour Joseph Deguire dit Desrosiers, 35 ans, pour que la cour lui ordonnât de ne plus l’injurier ni médire ni méfaire,  ce pour avoir proféré que la femme de Parenteau «nommée Marguerite Saint-Laurent ainsi que ses filles étaient des putains fieffées et de bonnes bougresses et entre autres que la femme de celui-ci est une bonne maquerelle et enfin autres injures atroces et scandaleuses énoncées en la requête, et voir dire que pour l’avoir fait nombre de fois ce publiquement…. ». Les Parenteau exigeaient que les Deguire dits Desrosiers leur fissent «réparation d’honneur» devant les personnes qu’ils choisiraient et  qu’ils déclarassent devant notaire qu’ils étaient «gens d’honneur». Ils ajoutèrent: «qu’en cas de récidive,  ils aillent  en prison».

Joseph Deguire dit Desrosiers admit qu’il avait dit des calomnies sur la femme de Pierre-Louis Parenteau, mais que c’était les Parenteau qui avaient commencé les premiers en l’ayant traité de visage de sot, que lui-même et sa femme étaient des canailles et que sa femme avait eu deux enfants avant de se marier. Finalement le juge a enjoint les Parenteau et les Desrosiers à se reconnaître réciproquement pour «gens d’honneur» et à ne pas récidiver sous peine d’emprisonnement (BAnQ en ligne cote TL3,S11,P1381 et cote CC301,S1,D1388).

Le même jour Pierre Petit fils, seigneur d’Yamaska, fit comparaître en cour Louis Boissel. Pierre Petit fils avait perdu cinq petits cochons. Il en a retrouvé un dans la maison de Louis Boissel, lequel a répondu qu’il avait été obligé «par charité» de recevoir chez lui un petit taureau égaré, ne sachant pas à qui il appartenait. On peut présumer de la réaction du tribunal puisque le juge a mis  les parties hors de cour.

Pehr Kalm, un botaniste suédois qui vint visiter la Nouvelle-France dans un but scientifique en 1747, fit les observations suivantes lorsqu’il passa sur le lac Saint-Pierre, près d’Yamaska : « Les Français qui font avancer mon bateau se livrent à toutes sortes de bêtises lorsqu’ils passent près d’une ferme, d’une fille, d’un jeune garçon, d’un homme ou d’une femme. Ils crient à leur adresse toutes sortes de railleries. Ceux qui sont sur le rivage ne se dispensent pas de leur en donner autant en retour; la plaisanterie va souvent assez loin et se compose de sobriquets; ils les choisissent selon les gens qu’ils rencontrent. On s’interpelle souvent de l’un à l’autre. Ils se disent des choses fausses dans toute la mesure du possible. S’ils rencontrent quelque homme ivre, ils produisent à son adresse un énorme bruit. Lorsqu’ils rencontrent des chevaux, des vaches, des cochons, des corbeaux, des corneilles ou d’autres animaux qui se trouvent sur le rivage, ils se mettent à crier et cherchent par divers moyens à les obliger à courir et à prendre la fuite. Ce ne sont pas seulement des jeunes qui se livrent à tout cela, mais aussi les hommes plus âgés. Il y a comme du feu dans chacun de leur cheveu et comme un goutte de sang sur eux». (Pehr Kalm, Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1749, pp.426-427)

 

Pierre-Louis Parenteau a vendu du tabac à un voleur

 

Le 30 mars 1742, à 52 ans, Pierre-Louis Parenteau était à Montréal. Il y a passé quatre jours pour témoigner en cour criminelle car il avait fait une transaction avec l’un des deux accusés de vol de volaille, Jean-Baptiste Ceré de Montréal, qui a reconnu sa culpabilité et qui a été condamné avec son complice. Pierre-Louis Parenteau a dit qu’il ne connaissait l’accusé que pour l’avoir vu une fois chez lui à Yamaska pour lui avoir vendu 60 livres de tabac en deux rouleaux au prix de 10 sols la livre (une livre équivaut à 20 sols). Ceré lui en avait payé la moitié  en deux cartes, une de 12 livres et l’autre de 3 livres. Pierre-Louis Parenteau avait dû lui faire un crédit de 15 livres pour la balance. Ceré promit de lui envoyer ces 15 livres à la première occasion qui se présenterait. Parenteau a aussi déclaré qu’une seule personne accompagnait le dénommé Ceré: un certain Borivage, habitant d’Yamaska. La marchandise a été apportée à Montréal sur une traîne. À une autre question qui lui fut posée sur deux paires de fil ou de filasse (de lin), Pierre-Louis Parenteau a répondu qu’il ne lui  avait pas vendu de fil ou filasse. À savoir s’il a entendu dire que Ceré avait volé, dans son quartier, du tabac, des poissons et du fil ou filasse, il a répondu qu’il n’était pas au courant. À la fin de son témoignage la cour lui a donné 12 livres pour les frais de ses quatre jours à Montréal et de ses déplacements.

Deux personnes de l’île du Moine ont aussi été interrogées : Geneviève Hus âgée de 50 ans et veuve de Pierre Savail, un ancien capitaine de milice, et Pierre Paul dit Latraverse. Interrogé à savoir «s’il n’a point vendu de poisson les jours gras à un jeune homme de cette ville (Montréal), âgé de seize ou dix-huit ans, d’une petite taille et d’une fisionnomie (sic) brune et pâle», Pierre Salvail a répondu  que «le jour du mardi gras un jeune homme à peu près de cette figure vint chez lui avec le fils du nommé Parenteau pour lui acheter soixante et quinze pièces de poisson». Quant à la  veuve Geneviève Hus, elle déclara qu’elle connaissait Ceré et Borivage et qu’elle leur avait vendu du poisson. Ceré lui avait dit qu’il lui enverrait l’argent en cartes de monnaie et 50 clous à couvrir. (ANQ cote TL4, S1, D4837 et TL5, D1307). Ceré et son complice Michel Ruparon dit Sanspoil furent condamnés à être battus, fustigés et bannis de Montréal.  Quant au père de Ceré, il fut condamné à servir sur les galères du roi. Claude Georgeteau dit Jolicoeur, 40 ans, futur beau-père de deux fils de Pierre-Louis Parenteau, Joseph et Pierre, fut aussi interrogé car il était un locataire du père du condamné Ceré. En 1743 Ceré fils sera encore accusé pour le vol d’un cochon à Montréal (BAnQ en ligne cote TL1, S11, SS2, D1335).

Le 2 novembre 1743, Louis Boissel à défaut de ne s’être pas présenté en cour, fut condamné à remettre deux moutons à Pierre-Louis Parenteau (ibidem cote TL3, S11, P3331).

 

Mort et héritage de Pierre-Louis Parenteau

 

Le Grand Voyer de la Nouvelle-France, Lanouiller de Boisclerc, était à Yamaska le 5 mars 1745 : il convoqua le seigneur Pierre Petit,  le capitaine de milice d’Yamaska et deux habitants pour ordonner à tous les habitants de travailler à la construction prochaine du chemin du roi et aux ponts qui seraient nécessaires. Comme on le voit sur la carte de Murray de 1760, ce chemin se divise en arrivant au Petit-Chenal  et passe sur la presqu’île des Parenteau devant leur maison et aussi sur la terre ferme derrière la maison. Puis ce chemin redevient simple un peu plus loin. La maison des Parenteau s’est retrouvée à être entre l’ancien chemin et le nouveau (carte plus haut).

Pierre-Louis Parenteau est mort accidentellement le 4 juin 1745 à l’âge de 55 ans dans des circonstances qui n’ont pas été rapportées. Il fut inhumé le lendemain. Cette mort accidentelle est mentionnée dans une concession de terre faite par sa veuve devant le notaire H.-O. Pressé le 20 juin 1745 (ANQTR). La veuve Parenteau, Marguerite Saint-Laurent, sous la pression de ses enfants, se hâta de faire enregistrer devant notaire des donations de terre que son défunt mari avait faites verbalement à deux de ses fils, Joseph (date non connue) et Pierre (29 octobre 1743).  Le 10 juillet 1747 elle adressa une requête au procureur du roi pour avoir l’autorisation de faire faire l’inventaire des biens par le prêtre missionnaire d’Yamaska plutôt que par un notaire, vu la «modicité» des biens de la famille. Le 11 juillet, elle convoqua ses fils majeurs et ses gendres devant le notaire Louis Pillard de Trois-Rivières pour délibérer avec eux sur le choix du fils à qui seraient donnés les biens meubles et immeubles de la ferme paternelle. C’est Joseph, âgé de 26 ans et célibataire, qui fut choisi car il avait jusque-là démontré un grand dévouement en plus d’un profond attachement à la ferme familiale. Son père lui avait déjà donné verbalement une terre pour le récompenser de ses services. Cette reconnaissance est mentionnée dans l’acte de la concession de terre que fit entériner sa mère quinze jours après la mort de Pierre-Louis, devant le notaire Pressé de Trois-Rivières: « pour le récompenser des peines et soins qu’il se donnait continuellement pour les travaux d’agriculture concernant les intérêts de ses dits père et mère». Il devait en retour prendre sa mère à sa charge et donner en argent à ses jeunes frères et sœurs encore mineurs la part d’héritage qui leur  reviendrait à leur majorité dans la terre paternelle. Le 14 juillet on procéda à l’inventaire des biens d’ailleurs modestes. L’abbé Brassard, curé missionnaire d’Yamaska, rédigea l’inventaire des biens qu’on lui montrait un à un après avoir prêté serment. La terre paternelle au complet de 5 3/4 arpents de front devint donc la propriété du fils Joseph Parenteau avec l’accord de ses frères et sœurs majeurs lors de l’inventaire et partage des biens le 14 juillet 1747 devant le notaire Louis Pillard.

 

 

Les habitants du côté ouest du Petit-Chenal d’Yamaska entre 1710 et 1750 environ

NOTE : il y eut de nombreux échanges de terres, plusieurs changements dans les dimensions de ces terres et plusieurs changements de propriétaires au cours du 18e siècle. Les Desrosiers de père en fils furent les grands propriétaires de nombreuses terres du Petit-Chenal, des deux côté de ce chenal.

 

En partant de la fin du Petit-Chenal et en le remontant, c’est-à-dire en partant du nord et sur le côté ouest du Petit-Chenal ou terre ferme :

1- Pierre Deguire dit Desrosiers fils. Carte de Gédéon de Catalogne de 1709 et Aveu et dénombrement de 1723 ; acte de concession 13 juin 1707, notaire Véron de Grandmesnil.

2- François Carré (Carry), terre acquise le 13 juin 1707, devant le notaire Véron de Grandmesnil. Aveu et dénombrement de 1723 et l’article La tragédie de chenal du Moine par Raymond Douville. Cette terre appartenait en 1723 à Ignace Breza dit Lafleur.

3- Terre d’abord concédée le 19 février 1744 (notaire Pressé) à Joseph Desrosiers père qui l’aurait donnée à son fils du même nom par la suite, En 1744 il a été écrit qu’une traverse* du petit chenal se trouvait sur la devanture de cette terre ; traverse* (NOTE 1) qu’il partageait avec son père du même nom, Joseph Desrosiers père, qui demeurait vis-à-vis de l’autre côté du petit chenal, sur l’île du Domaine. Cette terre de 7 1/2 arpents de front aurait englobée l’ancienne terre de François Gamelin dit Launière** (NOTE 2) jamais « habitée » par lui-même et vendue par la suite au supposé oncle Mathurin Desrosiers* (décédé avant le 20 février 1744). L’acte de concession précise qu’en 1744 le voisin d’en haut (en remontant le Petit-Chenal vers le sud et donc à contre-courant) était le défunt Mathurin Desrosiers et que celui d’en bas (ou en descendant vers le nord avec le courant du Petit-Chenal) était Pierre Parenteau. Les voisins immédiats sont nommés parce que les lots ne portaient pas encore de numéro d’identification.

 

*NOTE 1 : on entendait par traverse*, une installation mécanique située sur la rive où on embarquait sur un radeau ou dans une chaloupe ou tout autre petite embarcation pour passer des personnes et des bestiaux sur la rive d’en face. Durant l’hiver, on pouvait dire « pont » (de glace). L’article La tragédie du chenal du Moine par Raymond Douville rapporte que Joseph Hus dit Millet aurait été atteint mortellement d’un coup d’épée devant la maison de Joseph Desrosiers père et devant la traverse du Petit-Chenal qui s’y trouvait.
**NOTE 2 : François Gamelin dit Launière avait déjè été propriétaire, sur billet du seigneur, d’une partie de cette terre de 7 1/2 arpents de front, alors de 5 arpents de front sur 25, Cette terre est mentionnée comme étant la sienne dans son contrat de mariage avec Catherine Brisebois le 30 septembre 1723 devant le notaire Pierre Petit. Puis il vendu cette terre à Mathurin Desrosiers le 21 octobre 1727. Joseph Deguire Desrosiers père en aurait hérité de ce supposé frère Mathurin mort 1744. Auparavant aucun acte notarié de concession n’aurait été rédigé en faveur de Launière.

 

Son père, aussi dénommé Joseph Deguire dit Desrosiers, s’était fait reconnaître la concession d’une terre sur laquelle il habitait, terre située de l’autre côté du petit chenal sur l’île du Domaine (sur le côté Petit- Chenal de cette île), soit une terre de 9 arpents de front et de profondeur jusqu’au marais des atokas avec la traverse du petit chenal sur sa devanture et avec comme voisin Ignace Breza du côté sud (en haut), et sur la dite profondeur du côté nord (en bas) en 1744.  Son grand- père (Pierre Deguire-Desrosiers) ou son père (Joseph Desrosiers père) possédait cette terre de 9 arpents de front de l’île du Domaine depuis 28 ans (donc depuis 1716) lorsque le contrat de concession rétroactif fut rédigé en 1744 en se fondant sur un billet de 1716, et ce devant le notaire Hyacinthe-Olivier Pressé le 19 février 1744.

*Mathurin Desrosiers : le PRDH ne peut fournir de filiation à propos de ce Mathurin Desrosiers, car aucune filiation à son sujet n’apparaît dans les registres des paroisses du Québec : il était le frère de Joseph Deguire Desrosiers tel qu’écrit dans l’acte concession d’une terre de 7 1/2 arpents de front le 19 février 1744 passé le notaire Pressé. Son nom est mentionné 8 fois dans les registres paroissiaux d’Yamaska, Sorel et St-François-du-Lac, surtout pour des parrainages d’enfants, en plus des mentions de son nom dans des actes notariés concernant des terres d’Yamaska.

Mathurin Desrosiers a été le père d’un garçon né hors mariage le 7 août 1731 à Sorel et ondoyé par une sage-femme nommée Geneviève Delisle. L’enfant a été inhumé le lendemain au même endroit (Sorel).  La mère était Catherine Hus fille de Paul Hus. Elle a déclaré au curé de Sorel que Mathurin Desrosiers en était le père. Il est aussi écrit dans cet acte de sépulture : « La mère qui a toujours été reconnue pour une honnête fille ». (Source : PRDH)

La même année 1731, deux mois après la paternité biologique de son présumé frère Mathurin, Joseph Deguire Desrosiers d’Yamaska, est devenu à son tour le père biologique d’une enfant appelée Marie Deguire, née hors mariage le 19 octobre 1731 et fille de Marguerite Chevalier d’Yamaska : Joseph Deguire Desrosiers s’était marié avec Angélique Pépin sept mois avant cette naissance. La mère biologique, « Marguerite Chevaline », a déclaré au curé que Joseph Deguire dit Desrosiers en était le père. (Source : PRDH)

Aucune mention de la presqu’île des Parenteau séparant le chenal et la terre ferme en ce qui concerne cette terre du fils Joseph Desrosiers. Comme Joseph Desrosiers père n’était né qu’en 1704, cette terre d’en face aurait été concédée sur billet de prise de possession émis par le seigneur Pierre Petit en 1716 à son père, Pierre Deguire dit Desrosiers comme terre réservée pour un fils de la famille.

 

4- Pierre-Louis Parenteau et Marguerite St-Laurent (terre échangée le premier avril 1774).

5- Pierre Parenteau fils et Madeleine Rondeau, terre en bois debout le 17 janvier 1746 (notaire H.-O. Pressé) ;

6- Joseph Parenteau fils, terre en bois debout, le 20 juin 1746 (notaire H.-O. Pressé) ;

7- François Pétrain et Marguerite Parenteau, terre en bois debout en 1743 (notaire H.-O. Pressé, 1743, 29 octobre).

8- Joseph Deguire dit Desrosiers fils, une terre de 7 ½ arpents sur 25 en profondeur, terre concédée formellement le 19 février 1744 mais il en était en possession depuis 28 ans ou depuis 1716 sur un billet de prise de possession émis par le seigneur Pierre Petit. Le voisin du côté nord (ou d’en bas) était Pierre Parenteau et celui du côté sud était Mathurin Desrosiers, frère germain (cousin) de Joseph Deguire dit Desrosiers. Il est écrit qu’il y avait une traverse sur le devant de la terre. Aucune mention d’un marais entre la terre et le chenal.

Le fils de Joseph Desrosiers, du même prénom et du même patronyme (Joseph Desrosiers), s’était marié avec Marie Carry le 4 février 1755 à Yamaska.


 

 

La tragédie du notaire des Parenteau, Hyacinthe-Olivier Pressé.

CLIQUER ICI  Tragédie du Petit-Chenal d’Yamaska

 

À l’issue d’une enquête criminelle du procureur de Trois-Rivières, le notaire Hyacinthe-Olivier Pressé âgé d’environ 32 ans fut accusé d’avoir tué Joseph Hus dit Millet, conducteur de carriole âgé de 27 ans et résident du chenal du Moine.

Joseph Hus dit Millet, le conducteur de la carriole, avait invité à souper chez lui ses deux clients que le matin même il avait conduits à Sorel, soit le notaire Pressé et l’huissier Rigault. Mais après leur travail à Sorel, Pressé et Rigault allèrent trinquer dans une auberge de Sorel et arrivèrent donc passablement enivrés au chenal du Moine chez Joseph Hus dit Millet qui les avait emmenés avec lui dans sa carriole.  Après le souper offert par Joseph Hus, deux carrioles furent nécessaires pour ramener Pressé et Rigault, toujours saouls et chicaniers, jusqu’au au Petit-Chenal d’Yamaska chez Louis Giguère où ils logeaient habituellement quand ils venaient travailler à Yamaska et aux alentours. Rendus au Petit-Chenal d’Yamaska, en face de la maison de Joseph Desrosiers, Pressé et Rigault dont les esprits étaient échauffés se querellaient sans cesse sur des choses tout à fait anodines. Pressé, épée à la main, alla provoquer Rigault dans la deuxième carriole conduite par un dénommé Louis Lavallée. Il perdit l’équilibre et son épée blessa involontairement Joseph Hus dit Millet. Il a fallu cogner à la porte d’Ignace Breza dit Lafleur pour avoir de l’aide. Le lendemain Joseph Hus dit Millet mourut au bout de son sang.

Le procureur de justice de Trois-Rivières a conclu que Pressé avait commis un homicide d’ordre criminel le premier mars 1746 et qu’il serait pendu. En appel, le Conseil supérieur de Québec a conclu qu’il s’agissait d’un accident et en conséquence annula le jugement de la cour de justice de Trois-Rivières.

 

Photo extraite de Google Earth pour illustrer la tragédie de 1746. En hiver on pouvait emprunter le raccourci de la baie de La Vallière gelée.

 

 

 

Deux fils de Pierre-Louis à coups de poing sur Joseph Desrosiers fils

 

En 1749, deux des fils de feu Pierre-Louis Parenteau, Pierre 32 ans et Joseph 27 ans, en vinrent aux coups de poing avec l’arrogant et impulsif Joseph Deguire dit Desrosiers fils âgé de 18 ans et fils du voisin d’en face, Joseph Deguire dit Desrosiers père. Ils eurent à comparaître en cour à Trois-Rivières le 3 octobre 1749 et furent condamnés à une amende de 12 livres pour voie de fait applicables à la fabrique d’Yamaska avec interdiction de récidiver sous plus grande peine et aux dépens liquidés à 23 livres et 19 sols. Devant le juge, Desrosiers fils a raconté qu’il avait été battu et maltraité de voie de fait par Pierre et Joseph Parenteau, lesquels Parenteau ont répondu qu’ils ont eu une dispute avec lui concernant un canton de prairie en leur commune mais qu’ils ne l’ont point battu. Les cousins des deux frères Parenteau, Joseph Cantara et Pierre Brouillard, assignés comme témoins, ont affirmé sous serment que Joseph Parenteau a frappé Desrosiers fils et qu’ils s’échangèrent plusieurs coups de poing jusqu’à l’arrivée de son frère, Pierre Parenteau, qui donna deux coups de poing à Desrosiers fils pour ensuite les séparer (ANQ cote TL3, S11, P3999).

Vingt-six ans plus tard Joseph Parenteau, 43 ans, passa près de se retrouver en cour avec son jeune frère Michel Parenteau, 40 ans, qui lui réclamait  sa part d’héritage. Le 7 mars 1775 ils trouvèrent le moyen de signer un accord pour s’éviter un procès. Joseph dût donner à son jeune frère Michel : «une vache sous poil noir, une moutonne noire, trois taures, une paire de serres, lesquels articles ledit Michel Parenteau avait laissés chez son frère… et la somme de 24 schellings» (notaire Antoine Robin, ANQM).

 

Déménagement de 1774 et décès de Marguerite Saint-Laurent en 1775

 

La veuve de Pierre-Louis Parenteau, Marguerite Saint-Laurent, est décédée le 5 septembre 1775 à l’âge de 81 ans chez son fils Joseph qui s’était marié en 1752  avec Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur. Elle fut à maintes reprises sage-femme à Yamaska. L’année précédente le 1er avril 1774 devant le notaire Rigaud, Joseph Parenteau avait  échangé la ferme Parenteau du Petit-Chenal reçue en donation en 1747, contre deux grandes terres contiguës de 3 arpents de front chacune appartenant à Jean-Baptiste Desrosiers et situées à l’entrée nord du village d’Yamaska, angle rue Principale et rang du Petit-Chenal (Notaire Rigaud, ANQTR). Voir l’endroit plus haut sur une photo Google Earth et sur un extrait d’une planche de la carte James Murray, format 44 planches, année 1761.

En 1774, le 1er avril, devant le notaire Rigaud,dans la maison du père de Jean-Baptiste Desrosiers, Joseph Desrosiers : échange de terres entre Joseph Parenteau et sa femme Jeanne Jolicoeur d’un part, et Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme Charlotte Lhuissier, tous d’Yamaska.

Joseph Parenteau et sa femme ont cédé à Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme : « … une terre sise et située au petit chenaille Seigneurie dyamaska pour frond et profondeur au desir de tel acte qui la designe ainsy que lyle de même largeur de devanture de la dite terre et non plus joignant dun coté (d’en bas ou au nord) a Joseph Derosiers fils Et de lautre coté (d’en haut ou au sud) ce jour dhuy a Michel St. Germain* … avec tous et telles batimens maison grange Et etable si aucuns sont … »  * NOTE Michel St. Germain : il s’agit d’un terre du côté d’en haut (côté sud) née de la fusion de parties de la terre du fils Pierre Parenteau et d’une partie de celle du fils Joseph Parenteau.

Jean-Baptiste Desrosiers et sa femme en échange ont cédé à Joseph Parenteau et femme : « … deux terres joignant ensemble faisant six arpens de frond sur toute la profondeur designé au contrat de concession … joignant dun coté Joseph Landry Et de lautre coté Baptiste Vanasse … avec tous et tels batimens maison grange et Etable si aucuns sont … »

Acte d’échange fait et passé dans la maison de Joseph Desrosiers, père de Jean-Baptiste Desrosiers. Joseph Parenteau et Jean-Baptiste Desrosiers ne savaient pas écrire et ont signé par leurs marques respectives

Pour cet échange de terre voir l’article sur Joseph Parenteau et Jeanne Jolicoeur sous l’onglet Histoire.

 

 

 

Les fils de Pierre-Louis Parenteau tiraillés

entre d’une part la terre et les pauvres revenus de l’agriculture

et d’autre part l’aventure et les fourrures plus payantes !

Voir la biographie de ceux qui ont encore des descendants dans les articles suivants

 

Les filles préféraient les garçons qui étaient allés dans les Pays-d’en-Haut :

 

-1785 : Le voyageur Joseph Hadfield a fait l’observation suivante lors de son passage à Trois-Rivières en juillet 1785 : «… the people here and in the vicinity of it are engaged in tilling the land and other objects of agriculture. Some, particularly the young men, are accustomed to make voyages to the upper country and it is held disgraceful not to have been to Mackinac or the Grand Portage. The girls will not even receive the addresses of a man without he has been on one or more of these expeditions.» Cité dans Timothy J. Kent, Birchbark Canoes of the Fur trade, vol.I, Introduction.

 

Pierre-Louis Parenteau et Marguerite Saint-Laurent eurent 14 enfants dont 12 ont survécu à leurs premiers mois de vie, 8 garçons et 4 filles. L’un de ces huit garçons s’est noyé à l’âge de 8 ans avec un autre du même âge.  Au moins cinq des garçons se sont engagés dans des voyages dans le Centre et l’Ouest canadiens pour les commerçants de fourrure: Augustin,Mathurin, Michel, François et Jacques. L’aîné des huit garçons, Pierre, fut cultivateur et probablement menuisier et charpentier à Yamaska. Il a eu une descendance d’ouvriers dans la construction établis dans le faubourg Saint-Laurent de Montréal et sans postérité actuelle du nom de Parenteau au Québec, mais il a une descendance dans la vallée de la rivière Yamaska de même qu’une autre descendance de Parenteau métis au Manitoba et en Saskatchewan. Le deuxième des fils, Augustin, fut le premier fils à s’établir en dehors d’Yamaska : il s’établit à 22 ans sur la terre que sa première femme lui apporta en dot à leur mariage en 1742 à Louiseville. Le beau-père lui promit de lui donner tous ses biens après sa mort.  Mais Augustin étant devenu veuf et remarié, l’ex-beau-père en modifia les conditions. Augustin fut aussi maître de poste de la rivière du Loup (Louiseville, comté Maskinongé). Il a une descendance en Mauricie, aussi à Ville de Bécancour, puis en Abitibi et au New Hampshire. C’est le troisième des fils, Joseph, qui démontra le plus d’intérêt pour l’agriculture ainsi que ses descendants propriétaires de nombreuses fermes à Yamaska et dans les paroisses environnantes. Il est l’ancêtre de près des trois quarts des Parenteau d’Amérique. En plus d’une lignée fort nombreuse au Québec, il a une descendance Parenteau au Minnesota, au Wisconsin et au New Hampshire aux États-Unis. Dans sa fratrie, il est celui qui est mort le plus vieux : 80 ans. Mathurin, le quatrième des fils, fut attiré par le commerce des fourrures mais il fut aussi cultivateur ; il est l’aïeul d’une descendance de Parenteau métis au Manitoba. François  et Michel furent cultivateurs  et «voyageurs». Jacques fut celui des garçons qui préféra surtout l’aventure à l’agriculture, et même s’enrôla dans l’armée : il fit plusieurs voyages dans l’Ouest canadien pour les commerçants de fourrure de Montréal. Il est décédé en 1764 à Niagara où il était un soldat engagé dans le premier bataillon composé de Canadiens-français uniquement. Quant aux quatre filles, elles se marièrent toutes et vécurent sur des fermes d’Yamaska.

 

 

Enfants  de  Pierre-Louis Parenteau et de Marguerite  Saint-Laurent 

 

  1. Marguerite : née le 10 juin 1712 à Yamaska et baptisée le 12 juin 1712, registres de la paroisse Saint-François-du-Lac; parrain : Claude Hertel de Beaulac, officier dans les troupes; marraine : Marguerite Hertel, veuve du seigneur Jean Crevier. Mariée à Yamaska le 29 octobre 1743 avec François Patrain (ou Pétrin), originaire de Greneville, Angers, France. Établie avec Patrain sur une terre du Petit-Chenal qu’elle avait apportée en dot et qui faisait partie de la réserve  de terre que son père Pierre-Louis avait obtenue en 1710 pour ses futurs enfants (Notaire Pressé, 29 octobre 1743 ANQTR). Elle fut sage-femme en plusieurs occasions. Sépulture le 20 janvier 1784 à l’âge de 71 ans à Yamaska.
  2. Anne-Catherine : née le 20 décembre 1713  et baptisée le 25 décembre 1713, registres de Saint-François-du-Lac. Décédée à l’âge de 6 mois; sépulture le 1er juillet 1714, registres de la paroisse Saint-François-du-Lac.
  3. Geneviève : née le 26 septembre 1715 et baptisée le 22 octobre 1715, registres de la paroisse Saint-François-du-Lac; parrain; Pierre Deguire; marraine : Marie-Renée Parenteau. Mariée avec Pierre Tessier, veuf, à Yamaska le 30 juin 1745, 26 jours après la mort de son père Pierre-Louis. Décédée à Yamaska à l’âge de 45 ans, le 10 décembre 1760; sépulture à Yamaska le lendemain. Son fils Pierre Tessier s’est marié à Détroit le 31 octobre 1790 avec Barbara McDonald.
  4. Pierre : fondateur de la deuxième branche Parenteau : né le 31 juillet 1717 à Yamaska; baptisé, registres de la paroisse Saint-François-du-Lac, le 22 août 1717; parrain : Pierre Couturier; marraine : Angélique Saint-Laurent. Marié 1° avec Madeleine Rondeau le 27 avril 1745 à Contrecoeur et 2° avec Marie Georgeteau dite Jolicoeur à Yamaska le 13 janvier 1755. Décédé et inhumé à Yamaska le 1er mai 1782 à l’âge de 64 ans et 8 mois. Sa deuxième femme, Marie Georgeteau, fut inhumée le 28 mars 1799 à Yamaska. Il fut probablement un bâtisseur de maison, entre autres. Un de ses fils est allé demeurer à Montréal et les autres à Sorel et dans le rang Picoudi; plusieurs de ses fils et petits-fils travaillèrent dans la construction à Montréal et firent des voyages dans l’Ouest canadien pour le commerce des fourrures. Deux petits-fils ont fondé des lignées métisses Parenteau au Manitoba. Voir V dans Histoire – Pierre Parenteau.
  5. Augustin  fondateur de la première branche Parenteau : né à Yamaska et baptisé en 1719 ou 1720; l’acte de baptême ne figure pas les registres de Saint-François-du-Lac ni d’aucune autre paroisse. Le 14 juillet 1747 lors de l’inventaire des biens  suite au décès de son père, il déclara avoir 27 ans.  Il fut maître de poste à Louiseville.  Décédé  en 1780 ou 1781. Voir  IV dans Histoire – Augustin Parenteau.
  6. Joseph  fondateur de la troisième branche Parenteau : né le 23 juin 1721  à Yamaska et baptisé le 24 juin 1721, registres de la paroisse Saint-François-du-Lac; parrain : Joseph Desrosiers; marraine Gabrielle Saint-Laurent. Héritier de la ferme paternelle du Petit-Chenal d’Yamaska; en retour il prit à sa charge sa mère et a dû payer à ses frères et sœurs mineurs leur part d’héritage. En 1749, à 28 ans, soutenu par son frère Pierre, il se bagarra à coups de poing avec le fils du voisin Joseph Desrosiers et dut payer une amende pour voie de fait. Marié à l’âge de 30 ans avec Marie-Jeanne Georgeteau dit Jolicoeur le 7 février 1752 à Louiseville. Décédé le 5 juillet 1801 à Yamaska à l’âge de 80 ans; sépulture le 6 juillet 1801 à Yamaska. Ancêtre d’environ les trois quarts des Parenteau d’Amérique. Voir VI dans Histoire – Joseph Parenteau.
  7.  Mathurin Parenteau  fondateur de la quatrième branche Parenteau : né le 25 mai 1723  à Yamaska et baptisé sous condition, baptême enregistré à Saint-François-du-Lac, 6 juin 1723; parrain : Mathurin Berthelot; marraine : Isabelle Desrosiers. Marié à 28 ans, le 2 février 1750 à Yamaska avec Marie-Madeleine Badaillac dit Laplante, 18 ans. Inhumé à Yamaska le 14 août 1791 à 68 ans. Ancêtre d’une lignée métisse au Manitoba. Voir VII dans Histoire, Mathurin Parenteau.
  8. Marie-Agathe : née le 22 janvier 1725 au Petit-Chenal d’Yamaska et baptisée le 24 janvier 1725 sous condition, registres de Saint-François-du-Lac; parrain : René Poitevin; marraine : Gabrielle Saint-Laurent. Mariée avec Joseph Théroux dit Laferté le 9 février 1750 à Yamaska, le même jour que le mariage de sa sœur Marie-Madeleine. Joseph Théroux fut inhumé le 3 janvier 1756 à Yamaska et sa femme fut inhumée le 19 octobre 1790 à Yamaska à l’âge de 65 ans.
  9. Jean-Baptiste : baptisé le 5 décembre 1726, registres de Saint-François-du-Lac. Mort noyé à l’âge de 8 ans avec un autre garçon du même âge; sépulture le 9 juin 1735, registres de Saint-François-du-Lac.
  10. Marie-Madeleine : née le 16 juillet 1729 à Yamaska et baptisée le 17 juillet 1729, registres de Saint-François-du-Lac; parrain : Guillaume Cartier; marraine : Marie-Madeleine Bibeau. Mariée à Louis Cottenoire le 9 février 1750 à Yamaska le même jour que le mariage de sa sœur Marie-Agathe et une semaine après le mariage de son frère Mathurin. Sépulture le 3 octobre 1808 à Yamaska à l’âge de 79 ans.
  11. François-Marie : né le 21 mars 1731 au Petit-chenal de Yamaska et baptisé sous condition à Yamaska le 27 mars. Marié à 23 ans avec Marie-Anne Mondoux le 25 novembre 1754 à Yamaska, contrat de mariage déposé chez le notaire Louis Pillard le 12 janvier 1755.  Il fut «voyageur» pour le commerce des fourrures en 1757, 1759 et 1770. Le 26 mars 1764 devant le notaire Louis Pillard, alors qu’il demeurait à Louiseville, probablement chez son frère Augustin, il se fit concéder une deuxième terre de 3 arpents de front sur la rivière Yamaska dans le fief Thiersant. Le 30 octobre suivant, il vendit sa première terre à un dénommé André Chevalier (notaire Rigaud ANQTR) mais cette vente fut annulée le 9 mars 1767. Le 29 août 1766 devant Pillard et demeurant toujours chez son frère Augustin, il vend sa terre du fief Thiersant du seigneur George Jackson à Joseph Couturier d’Yamaska. Décédé à l’âge de 61 ans le 30 septembre 1792 à Verchères et inhumé le lendemain à cet endroit «après avoir reçu les derniers sacrements». Sans descendance connue.
  12. Gabrielle-Angélique : née le 14 novembre 1732 et baptisée à Yamaska le 16 novembre 1732; parrain : Joseph Ritchot; marraine : Gabrielle Patry. Décédée à l’âge de 12 jours le 26 novembre 1732 à Yamaska.
  13. Jacques : baptisé le 13 décembre 1733 à Yamaska et appelé Pierre par erreur par le curé Dugast; parrain : Pierre Lapointe; marraine : Françoise Forcier; sage-femme : Élizabeth Desrosiers. Grand «voyageur» dans l’Ouest canadien pour la traite des fourrures en 1754, 1757, 1758 et 1763. Le 30 août 1753, il fut présent à la sépulture d’un enfant de son frère Augustin à Louiseville. Il fut parrain à l’Ancienne-Lorette le 12 novembre 1756. Le 2 juin 1760, il vendit sa part d’héritage dans la terre paternelle à son frère Joseph pour la somme de 150 livres (Notaire Louis Pillard ANQTR). Il était demeuré célibataire. Après la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques, les Autochtones de la région des Grands Lacs, dont les Outaouais, restèrent fidèles aux Français et, sous le leadership de leur chef Pontiac, firent la guerre aux Britanniques. Pour les soumettre, la nouvelle administration britannique demanda en 1764 le concours de Canadiens-français volontaires pour agir de concert avec les troupes régulières britanniques: Jacques Parenteau, fils de Pierre-Louis, se porta volontaire avec quelque 300 autres Canadiens. Le nouveau bataillon composé uniquement de canadiens-français fut envoyé au lac Ontario, à Oswego et Niagara. Ils s’embarquèrent à Lachine et atteignirent le lac Ontario le 9 mai 1764. Ce fut une expédition militaire inutile puisque les Autochtones s’étaient soumis au nouveau maître britannique. C’est vers le milieu de cette campagne de 237 jours qu’est décédé Jacques Parenteau, soit le 28 août 1764 à Niagara. Son salaire, pour environ la moitié des 237 jours de cette expédition aurait été versé à sa famille d’Yamaska, soit 70 livres. Deux de ses compagnons sont aussi décédés en 1764, soit 1- Noel Forcier, fils de Joseph Forcier et d’Agathe Gagné-Poitevin, né le 23 décembre 1743 et baptisé le lendemain dans la paroisse St-François-du-Lac, et 2- Pierre Cantara né le 14 janvier 1743 et baptisé le lendemain à Yamaska, décédé aussi à Yamaska à son retour, soit le 5 décembre 1764, et inhumé le lendemain au même endroit. Ils faisaient tous partie de la compagnie trifluvienne de leur bataillon commandé par l’ingénieur militaire John Montresor qui fut le directeur de l’équipe qui a dressé en 1761 et 1762 la carte topographique James Murray de la vallée du fleuve St-Laurent. (Source: page 454, Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, tome X, Le régime militaire et la disparition de la Nouvelle-France 1759-1764, Fides, 1999). VOIR l’article La carte James Murray, onglet La seigneurie, sur www.saint-francois-du-lac.com.
  14. Michel : né le 17 juillet 1735 dans le rang du Petit-Chenal à Yamaska et baptisé le même jour à Yamaska. Il fut décrété par le Conseil supérieur de la Nouvelle-France, le 25 février 1760, qu’une lettre d’émancipation et de bénéfice d’âge serait expédiée à Michel Parenteau, 24 ans, garçon mineur, à sa requête, pour être capable de jouir des biens hérités de ses parents (ANQ cote TP1,S28, P21570). Marié tardivement à 38 ans avec Reine Petit dit Gobin, 23 ans, le 13 septembre 1773 à Yamaska alors qu’il possédait depuis au moins huit ans une ferme avec animaux. Le 7 mars 1775, il réclama à son frère Joseph divers objets qui lui revenaient en héritage de leurs parents. Pour s’éviter un procès, ils en arrivèrent à un accord par lequel Joseph accepta de lui donner une vache, deux scies, deux faux, deux faucilles et une paire de serres (sergents)  (notaire Antoine Robin ANQM). Grand «voyageur» dans l’Ouest canadien pour le commerce des fourrures en 1755, 1756, 1762, 1770 et 1772. Son fils Michel, baptisé le 7 juin 1778 à Yamaska, aurait été «voyageur» en 1798.  Pas de postérité mariée au Québec.

 

 

Trois-Rivières en 1709. Carte de Gédéon de Catalogne. Bibliothèque et archives Canada.

Trois-Rivières en 1709. Carte de Gédéon de Catalogne. Bibliothèque et Archives Canada. Cliquer sur l’image.

 

 

 

590353 cp cp - Copie

Québec en 1709. Carte de Gédéon de Catalogne. La veuve Parenteau, Madeleine Tisseran, les cinq enfants et son deuxième mari ont habité dans l’une des maisons qui ont été dessinées sur la moitié gauche de l’image ci-dessus, entre la falaise et le fleuve dans la Basse-Ville de Québec. Bibliothèque et Archives Canada.