I – France et Amérique

Visiter aussi le site de la seigneurie :   www.saint-francois-du-lac.com

Mis à jour 2017, le 18 août.

 

 I

 

LES PARENTEAU EN FRANCE ET EN AMÉRIQUE

HIER ET AUJOURD’HUI

 

 

 

Cinq  Français, hommes et femmes, du nom de Parenteau, ont séjourné ou immigré au Canada au 17esiècle.  D’abord deux demoiselles Parenteau, toutes deux filles d’Antoine Parenteau et d’Anne Brisson de la ville de La Rochelle.

 

Deux sœurs Parenteau, de la paroisse St-Nicolas de ville de La Rochelle, mariées à Québec

 

1- La première, Marie-Madeleine Parenteau, fille d’Antoine Parenteau et d’Anne Brisson, épousa Robert Gagnon  (Gaignon) à Québec le 3 octobre 1657. Ils s’établirent dans la paroisse Sainte-Famille sur l’île d’Orléans, tout près de Québec. Faute de missionnaire desservant Sainte-Famille, les Parenteau-Gagnon devaient se rendre à Château-Richer pour les services religieux, sur la rive nord, en face de la paroisse Sainte-Famille de l’île d’Orléans.

2-  La deuxième, la jeune sœur, Marie Parenteau, a été confirmée à Château-Richer près de Québec le 2 février 1660. Elle s’est mariée le 6 octobre 1671 à Québec avec Antoine-Pierre Fauvel, tonnelier, marchand bourgeois dans la basse-ville de Québec, et originaire de Dieppe en Normandie,  Antoine Fauvel fut domestique chez les Jésuites de Québec en 1667 puis domestique du marchand Charles Basire qui fut présent à son mariage.

Ces deux sœurs Parenteau, Marie-Madeleine et Marie, féminisaient leur patronyme qui devenait Parentelle, selon une mode du temps tant en France qu’en Nouvelle-France.

Leur neveu, François Bigras, a aussi immigré au Canada et s’est marié à Montréal le 25 août 1685 avec Marie Brunet. La mère de ce même neveu, Catherine Parenteau, de La Rochelle, était la sœur aînée de Madeleine et Marie ci-dessus.  Le marchand Antoine-Pierre Fauvel, (marié avec la tante Marie Parenteau) avait parrainé l’engagement de ce neveu Bigras par le chirurgien Louis Moreau le 14 juillet 1682 (notaire Gilles Rageot). Sa fille, Françoise Bigras, issue de son mariage avec Marie Brunet et mariée avec René Aubin dit St-Aubin en 1716, a été identifiée, lors du baptême de l’un de ses enfants le 12 octobre 1717, comme portant le patronyme Parenteau (Paranto) au lieu de Bigras, ce qui ne fut pas sans causer des problèmes aux généalogistes (registres paroissiaux de Montréal).

Voir ces Parenteau de La Rochelle dans Parenteau de France XVIe et XVIIe siècles, sous l’onglet Histoire de ce site, article intitulé En France.

 

 

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Régions des Parenteau en France aux 16e et 17e siècles.

 

 

Un Parenteau fort probablement retourné en France

 

3- Un troisième immigrant du même patronyme, Nicolas Parenteau, originaire de La Rochelle en Charente-Maritime, a abjuré sa foi protestante à Québec le 29 juin 1671. C’est la seule mention de sa présence au Canada.

 

Un soldat Parenteau pour un séjour seulement

 

4- Un quatrième Parenteau, François Parenteau, venu au Canada uniquement pour un séjour, était en 1687 un soldat âgé de 48 ans cantonné à Montréal. Il a été interrogé le 21 juillet 1687  à la prévôté de Montréal comme témoin d’une voie de fait commise sur la personne d’un dénommé Jean Moreau dit Jolicoeur. Ce Parenteau était alors assis sur le pas de la porte d’Urbain Tessier dit Lavigne, son maître. C’est la seule mention de ce soldat Parenteau au Canada. Lire  l’article qui le concerne à la page d’accueil. Il est sans doute retourné en France par la suite.

 

L’ancêtre des Parenteau d’Amérique du Nord

 

5- Le cinquième immigrant Parenteau fut Pierre Parenteau, originaire de Bazauges, canton de Matha, arrondissement de Saint-Jean-d’Angély, en Charente-Maritime. Il est l’ancêtre de tous les Parenteau d’Amérique du Nord, canadiens et américains. Voir I, Pierre Parenteau et Madeleine Tisseran, sous l’onglet Histoire.

 

Les familles Parenteau près de Bazauges au 17e siècle.

Paroisses avec familles Parenteau près de Bazauges aux 16e et 17e siècles. Photo extraite de Google Earth.

 

 

Un  dénommé François Parenteau* mort célibataire au Canada

 

Un dénommé François Parenteau*, célibataire, fut inhumé vers l’âge de 40 ans, le 8 juin 1722 à Sainte-Anne-de-la-Pérade, à l’est de Trois-Rivières. Le curé a mentionné dans l’acte de sépulture qu’il «adonné des signes de bon chrétien». Aucun document d’archives ne prouve qu’il fût un immigrant.

*Il pourrait s’agir de Jean Parenteau né hors mariage, fils naturel de Marguerite Parenteau et du soldat François Edmé baptisé à Québec le 10 décembre 1692. Il aurait adopté le prénom François de son père biologique, lequel prénom était aussi celui de son maître ou père adoptif. Il avait été donné comme domestique au fermier François Marquet, de La Durantaye, à l’âge de trois ans le 17 octobre 1695 devant le notaire Chambalon par sa grand-mère Madeleine Tisseran qui se faisait alors passer pour sa mère et nommait comme père son premier mari, le défunt Pierre Parenteau. Voir plus en détail cet épisode plus bas dans Pierre Parenteau et Madeleine Tisseran sous le sous-titre : Le stratagème de Madeleine Tisseran, veuve Parenteau. La naissance de cet enfant aurait donc toujours été cachée.

 

 

Le premier seigneur de l’ancienne seigneurie située à Louiseville, fils d’une de Parenteau.

 

Le fondateur de la seigneurie de Manereuil (aujourd’hui Louiseville dans Maskinongé), Charles du Jay, était, par sa mère, le fils de Charlotte-Henriette de Parenteau et le petit-fils de Pierre de Parenteau, seigneur de Mannerelle, à Grand-Rozoy, près de Soissons et de Compiègne en France. Ces «de Parenteau de Sainte-Maison»  étaient protestants. Leur aïeul Martial de Parenteau avait été anobli par Henri IV pour ses exploits militaires dans une guerre au Piémont en Italie et pour ses services comme secrétaire du prince de Condé. L’Édit de Nantes avait permis aux protestants de vivre en France. Mais lorsque cet Édit fut révoqué en 1681 par Louis XIV, ces Parenteau protestants de Grand-Rozoy quittèrent la France pour aller vivre en Hollande puis en Irlande à Portarlington, après avoir été persécutés. Voir le chapitre sur cette famille dans «Parenteau de France XVIe et XVIIe siècles», chapitre sur la Picardie, par Gilles Parenteau, onglet Histoire du présent site web parenteau.me, article « En France », mis à jour le 19 mai 2017.

 

En France

 

Le nom Parenteau était répandu dans les régions du Centre-Ouest de la France, en Aunis, à La Rochelle, en Maine-et-Loire (Anjou), au Poitou (Vendée et Deux-Sèvres), en Saintonge ou en Charente-Maritime (Saint-Savinien, Pons, Beauvais-sur-Matha, Haimps, Brie-sous-Matha, Château-d’Oléron etc.), et en Charente dans les régions de Cognac et d’Angoulême.  À Brie-sous-Matha, à 14 km au sud du village d’origine de l’ancêtre Pierre Parenteau, vivait Louise Parenteau, grand-mère paternelle des deux frères Maillou qui ont émigré au Canada (site web histoirepassion.eu au mot «Maillou»). Cette Louise Parenteau s’était mariée vers 1606 avec Michel Maillou, né à dans la commune voisine, Louzignac, où vivaient encore des Parenteau venus au grand rassemblement des Parenteau d’Amérique de 1990 à Yamaska (famille de Denis Parenteau).

 

 

 

 

Départ de Julien Mercier, de Tourouvre, pour le Canada vers 1650, Lorin, Chartres 1892. Détail du vitrail www.perche-quebec.com Départ de Julien Mercier, de Tourouvre, pour le Canada vers 1650, Lorin, Chartres 1892. Détail du vitrail www.perche-quebec.com Départ de Julien Mercier, de Tourouvre, pour le Canada vers 1650, Lorin, Chartres 1892. Détail du vitrail www.perche-quebec.com

Le départ imaginé de Julien Mercier, de Tourouvre, pour le Canada vers 1650, Lorin, Chartres 1892. Détail du vitrail www.perche-quebec.com

 

Une famille Parenteau française des 18e et 19e siècles était originaire de Sérigné près de Fontenay-le-Comte en Vendée au 16ième siècle. Elle comptait plusieurs branches. Ces Parenteau bourgeois achetèrent des seigneuries et devinrent les Parenteau de Bélair, Parenteau du Payré, Parenteau de la Voute, les Parenteau de la Bironnière, les Parenteau de Bellenouhe et la branche des Parenteau Dubeugnon propriétaires de la seigneurie du Beugnon à Thiré en Vendée. Fortuné Parenteau, né en 1814, appartenait à ces Parenteau de Vendée : il était archéologue et fit la découverte, en Vendée, de plusieurs pièces de vestiges romains qu’il a données au Musée de Nantes. Une rue de Pouzauges porte son nom. Une autre descendante de cette famille, Amélie Parenteau née en 1831, fut une artiste peintre : son nom fut donné à une rue de La Chataigneraie en Vendée. Elle fut l’une des précurseurs du primitivisme moderne.

 

 

Les remparts de Vannes (1890), par Amélie Parenteau, de La Chataigneraie en Vendée.

www.arcadja.com/auction/fr/parenteau_amelie/artiste. Huile sur toile 33 x 46 cm. Tajan, Paris, 9 mars 2010.

Usage à but éducatif seulement, non commercial.

 

 

En 1538 un dénommé Jean Parenteau, maître maçon, bâtit un pont à Javrezac, en banlieue de Cognac en Charente, à 27 km au sud-ouest de Bazauges, village d’origine de l’ancêtre Pierre Parenteau (voir Société des archives de la Saintonge et de l’Aunis, III, 1880-1882, p.34).

Entre 1634 et 1666, il y aurait eu au moins 800 Parenteau en France, c’est-à-dire une centaine de familles dont le père était un Parenteau. Le nom Parenteau figure dans les archives françaises dès 1219. (Source : Parenteau de France, XVIe et XVIIe siècles, par Gilles Parenteau : voir IX, Parenteau de France, sous l’onglet Histoire : En France.)

 

Aux États-Unis

 

Plusieurs descendants de l’unique ancêtre canadien, Pierre Parenteau (1649-1693), se sont établis aux États-Unis à cause du commerce des fourrures et des possibilités d’emploi dans les nombreuses manufactures de coton au 19e siècle dans les États de la Nouvelle-Angleterre.

Une dénommée Madeleine Parenteau a émigré aux États-Unis à cause de sa foi protestante bannie par Louis XIV.

 

Les Parenteau au 20ième siècle en France et en Amérique du Nord

 

Le nom Parenteau en France en 2009 était porté par 761 personnes et figure au 11,517ième rang des noms les plus portés dans ce pays (site web Le journal des femmes). Durant le quart de siècle compris entre 1966 et 1990 en France, on compte 125 naissances sous le nom de Parenteau.  Nombres de naissances Parenteau selon quelques départements pour cette période: Charente-Maritime 18, Maine-et-Loire 49, Gironde 30, Vendée 3, Deux-Sèvres 2, Charente 8, Haute-Vienne 6 et Loire-Atlantique 6, pour un total de 122 naissances réparties sur 25 ans de 1966 à 1990. L’ancêtre Pierre Parenteau est originaire de Charente-Maritime, le département où on rapporte 18 naissances Parenteau durant cette période de quelque 25 années (site web français «notre famille.com»).

En Amérique du Nord, selon «Les nouvelles familles Parenteau» de Pierre Boileau, publié à Montréal en 1991, on dénombre quelque 1593 mariages nord-américains légaux de Parenteau hommes et femmes sur quelque 110 ans de 1878 à 1988, de la huitième à la onzième générations : 81%  au Québec, 2% dans les autres provinces canadiennes et 16% aux États-Unis où l’État du Minnesota compte 29% des mariages Parenteau américains, suivi par le new Hampshire 24%. Du grand total de ces quelque 1593 mariages Parenteau sont exclus les remariages.

À la troisième générations sont nées les quatre branches Parenteau issues de quatre fils de Pierre-Louis : la 1ère branche avec Augustin, la 2ième avec Pierre, la 3ième avec Joseph et la 4ième avec Mathurin. Les Parenteau, Parranto et Peronto américains du Minnesota appartiennent à la 3ième branche, c’est-à-dire à celle de Joseph Parenteau marié en 1752 avec Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur. Les Parenteau du New Hampshire appartiennent aussi à cette troisième branche et certains autres de cet État à la première branche, celle d’Augustin Parenteau marié en 2ièmes noces à Angélique Vanasse dite Bastien.

Les Parenteau métis du Manitoba et de la Saskatchewan appartiennent à deux branches Parenteau : 1) à la deuxième branche, celle de Pierre Parenteau marié en 1ères noces à Madeleine Rondeau et marié en 2ièmes noces avec Marie Georgeteau dite Jolicoeur, et 2) à la quatrième branche, celle de Mathurin Parenteau marié à Marie-Madeleine Laplante dite Badaillac, l’ancêtre des Parenteau dit Mathurin et des Pronteau et Pranteau (variantes prononcées avec l’accent anglais qui insiste sur la 2e syllabe du nom Parenteau ; en français l’accent est mis sur la dernière syllabe du nom). Ces variantes du nom Parenteau sont surtout portées par des descendants de Parenteau qui se sont mariés avec des Autochtones.

Environ les trois quarts des Parenteau actuels d’Amérique du Nord appartiennent à la troisième branche, celle fondée à la troisième génération par Joseph Parenteau et Marie-Jeanne Georgeteau dite Jolicoeur.

En 2005, selon l’Institut de la statistique du Québec, il y avait 2,200 personnes portant le patronyme Parenteau au Québec, et ce nom Parenteau arrivait au 682ième rang des patronymes québécois. On pourrait extrapoler qu’avec les Parenteau des autres provinces canadiennes (2%) et ceux des États-Unis (16%) il y aurait eu en 2005 environ 3000 Parenteau en Amérique du Nord, quatre fois plus qu’en France, et tous descendants du jeune homme Pierre Parenteau, arrivé au Canada vers l’âge de 16 ans en 1665, il y a plus de 350 ans. En ajoutant les 761 Parenteau de France, il y aurait au total un nombre approximatif et arrondi d’environ 3800 Parenteau englobant la France et l’Amérique du Nord.

L’ancêtre Pierre Parenteau a donc fait sa marque en Amérique !

 

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